Les Pléiades, sept sœurs dans le ciel d’hiver

Les Pléiades sont, selon Apollodore, les sept filles d’Atlas et de Pléioné ; selon Hygin, Orion poursuivit sept ans leur mère, jusqu’à ce que Jupiter, pris de pitié, leur ouvre le chemin des astres. Dans le ciel, elles forment un amas d’étoiles de la constellation du Taureau, où l’œil nu en compte environ six. Le lundi 9 novembre, elles se lèvent au nord-est à 17 h 17, heure de Paris, et brillent toute la nuit, sans Lune.
Qui sont les sept sœurs des Pléiades ?
Selon Apollodore, les Pléiades sont les filles d’Atlas et de Pléioné, elle-même fille d’Océan. Elles sont sept, nées à Cyllène, en Arcadie : Alcyone, Mérope, Célæno, Électre, Stérope, Taygète et Maïa.
Chez lui, Maïa, l’aînée, donne à Zeus un fils, Hermès, né dans une grotte du mont Cyllène. Électre est la mère de Dardanos, fondateur de la Dardanie, d’où naîtra Troie ; Taygète, celle de Lacédémon.
Mérope, elle, épouse un mortel, Sisyphe. Chez Hygin comme chez Ovide, six sœurs s’unissent à des dieux, la septième à un homme.
L’origine de leur nom reste incertaine ; les Anciens proposaient plusieurs explications. Servius le rattache au verbe « naviguer », car leur lever ouvrait la saison des voyages en mer ; d’autres y voient le nom de leur mère, que rapportent Servius et Hygin.
D’autres figures ont leur légende : voyez l’histoire et la mythologie des constellations, ou le guide des constellations.
Que raconte Hygin d’Orion et des Pléiades ?
Hygin raconte cette poursuite en détail, dans son Astronomie. Pléioné voyageait en Béotie avec ses filles, et Orion les accompagnait. Le chasseur voulut les poursuivre de ses assiduités ; la mère s’enfuit, et il la suivit sept ans sans la trouver.
Jupiter, pris de pitié pour les jeunes filles, leur ouvrit alors le chemin des astres. Certains astronomes, ajoute Hygin, les nommaient « queue du Taureau ». Aussi, écrit-il, Orion semble-t-il les suivre encore vers le couchant.
L’image de la fuite est plus ancienne. Hésiode montrait déjà les Pléiades plongeant dans la mer brumeuse pour échapper à Orion le chasseur.

Pourquoi ne voit-on que six étoiles ?
On les chante sept, mais la plupart des gens n’en comptent que six. Sous un très beau ciel, une bonne vue en distingue quelques-unes de plus.
Hygin et Ovide rapportent deux explications, sans trancher. Selon la première, Mérope a honte de son mari mortel et se cache. Selon la seconde, Électre, accablée par la chute de Troie et la ruine de la lignée de Dardanos, s’éloigne de ses sœurs.
Chez Ovide, Électre ne put supporter de voir Troie tomber et mit la main devant ses yeux. Chez Hygin, on l’aperçoit encore, cheveux dénoués, et on l’appelle alors « comète ».
Le poète Aratos reste sceptique : on les chante sept, note-t-il, mais six seulement se voient, et nulle étoile n’a disparu du ciel sans que les hommes le remarquent.
Pourquoi les hommes guettaient-ils leur lever ?
Pour Hésiode, elles réglaient les travaux des champs : à leur lever, la moisson ; à leur coucher, les labours. Elles restent cachées quarante nuits et quarante jours, puis reparaissent quand vient l’heure d’aiguiser la faucille.
Dans l’Odyssée, Ulysse, au gouvernail de son radeau, veille en regardant les Pléiades, Bootès et l’Ourse.
D’autres peuples les ont guettées. Selon la Commission allemande pour l’UNESCO, le disque céleste de Nebra montre, dans sa forme la plus ancienne, la pleine Lune ou le Soleil, un croissant de lune et les Pléiades. En Nouvelle-Zélande, leur lever avant l’aube annonce Matariki, le nouvel an māori, devenu jour férié national en 2022 ; certaines tribus fêtent plutôt Puanga.
Que sont vraiment les Pléiades ?
Les Pléiades forment un amas ouvert, M 45, dans la constellation du Taureau. Elles se trouvent à environ 440 années-lumière et ont environ 100 à 125 millions d’années. L’amas compte plus d’un millier d’étoiles, sur un diamètre estimé à 43 années-lumière.
Neuf de ses étoiles portent les noms de la famille : les sept sœurs (Stérope y est écrite Astérope), Atlas et Pléioné, noms approuvés en 2016 par l’Union astronomique internationale. Alcyone est la plus brillante. Pléioné, la mère, est si proche d’Atlas qu’à l’œil nu on ne peut l’en séparer.
La nébulosité bleue qui les enveloppe sur les photographies n’est pas un reste de leur naissance. C’est un nuage de gaz et de poussière que l’amas traverse en ce moment ; la poussière y diffuse mieux la lumière bleue des étoiles proches.

Comment voir les Pléiades depuis Paris en novembre ?
En novembre, les Pléiades restent plus de douze heures au-dessus de l’horizon : on peut les voir toute la nuit. Le lundi 9 novembre, elles se lèvent à 17 h 17 au nord-est et culminent, dans la nuit du lundi au mardi, plein sud à 1 h 23, à 65° de hauteur.
Ce soir-là, la Lune est nouvelle : la nuit entière est sans Lune. Du 6 au 12 novembre, la nuit reste noire de 19 h 10 à 6 h environ.
Cherchez un petit groupe serré, d’un peu plus d’un degré, soit environ deux fois et demie la largeur de la pleine Lune. Aldébaran, l’étoile alpha du Taureau, brille à 13,7° de là ; elle passe au sud environ 48 minutes après l’amas.
Le 15 décembre, elles seront plein sud vers 23 h ; décembre est leur meilleur mois, selon la NASA. La pleine Lune du mardi 24 novembre passera près d’elles, mais son éclat les noiera.
Dès Homère, les marins ont levé les yeux vers les Pléiades ; de ces sept sœurs, disent les Anciens, l’une se cache encore.
Pour aller plus loin
- Observer votre étoileQuelques gestes simples pour lever les yeux et reconnaître le ciel, un soir de ciel clair.
Vos questions
Quelle est la légende des Pléiades ?
Selon Apollodore, ce sont les sept filles d’Atlas et de Pléioné. Chez Hygin, Orion poursuit sept ans leur mère, Pléioné, puis Jupiter leur ouvre le chemin des astres.
Pourquoi dit-on « sept sœurs » alors qu’on en voit six ?
Hygin et Ovide donnent deux raisons : Mérope se cache, honteuse d’avoir épousé un mortel, ou Électre s’éloigne, en deuil de Troie. Aratos, lui, note qu’aucune étoile n’a disparu sans qu’on le remarque.
À quelle distance sont les Pléiades ?
À environ 440 années-lumière.
Sources
Faits vérifiés par la Rédaction auprès des sources suivantes, consultées le 24 octobre 2026.
Ovide, Fastes, IV, 169-178, texte latin (Perseus)
Hésiode, Les Travaux et les Jours, 383-387 et 609-621 (Perseus)
Aratos, Phénomènes, 254-267, traduction de Mair, 1921 (Theoi)
Commission allemande pour l’UNESCO, le disque céleste de Nebra
Matariki : gouvernement néo-zélandais et musée Te Papa (dates ; variations régionales)
NASA, Messier 45 et l’amas vu par TESS
Calculs de la Rédaction pour Paris (JPL Horizons ; formules de Jean Meeus), d’après la fiche SIMBAD des Pléiades
Stauffer et al., 1998, limite de déplétion du lithium dans les Pléiades (arXiv:astro-ph/9804005)
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