La constellation du Cocher dessine un large pentagone d’étoiles au-dessus du Taureau, si haut dans les nuits d’hiver que son étoile principale, Capella, passe presque à la verticale de Paris. Une partie de la figure ne se couche jamais sous nos latitudes. On y trouve une étoile d’or parmi les plus brillantes du ciel, trois amas d’étoiles alignés sur la Voie lactée et une légende inattendue : celle d’un conducteur de char qui porte une chèvre sur l’épaule.
- Capella ne se couche jamais, vue de Paris.
- Trois amas Messier alignés, accessibles aux jumelles.
- Un cocher qui porte une chèvre et ses chevreaux.
Où trouver le Cocher dans le ciel ?
Le Cocher se situe dans l’hémisphère nord, sur le bord de la Voie lactée d’hiver. Il est entouré de cinq constellations : Persée à l’ouest, le Taureau au sud, les Gémeaux au sud-est, le Lynx à l’est et la Girafe au nord.

Cherchez d’abord Capella : c’est l’étoile jaune, éclatante, qui domine le ciel du nord-est en soirée à l’automne, puis le zénith en hiver. Elle occupe l’un des sommets d’un grand pentagone irrégulier. Le sommet opposé, au sud, est Elnath, que les cartes anciennes partageaient avec le Taureau et que l’on rattache aujourd’hui à ce dernier.
Juste à côté de Capella, un petit triangle d’étoiles plus faibles attire l’œil : ce sont les Chevreaux, compagnons de la chèvre céleste. Ils suffisent à distinguer Capella de toute autre étoile brillante.
Quand observer la constellation du Cocher ?
Depuis la France, le Cocher se voit en partie toute l’année, mais sa saison est l’hiver. Vers le 1er février, à 22 h, il culmine plein sud à plus de 80° de hauteur, presque au-dessus de votre tête. Près de 45 % de sa surface est circumpolaire à Paris, et Capella elle-même ne se couche jamais : en été, elle rase l’horizon nord, à environ 5° de hauteur au plus bas.
À la mi-novembre, vers 22 h, la constellation se trouve déjà à près de 40° à l’est-nord-est ; à la mi-décembre, elle approche 56° à l’est et passe au méridien vers 1 h du matin. Ce passage a lieu vers 23 h à la mi-janvier, puis vers 21 h à la mi-février. Capella reste visible depuis le cœur des villes, tandis que les amas réclament un ciel de campagne et une paire de jumelles : notre méthode d’observation à l’œil nu vous guide pas à pas.

Capella, la chèvre d’or
Capella (α Aurigae) brille à la magnitude 0,08, ce qui la place parmi les étoiles les plus lumineuses de notre ciel. Elle se trouve à 42,8 années-lumière. Son nom latin signifie « la chèvre », et les Grecs l’appelaient déjà Aix.
Sa lumière jaune cache en réalité deux étoiles géantes, si serrées qu’aucune lunette ne les sépare. Au début du XXe siècle, elles comptèrent parmi les premières étoiles dédoublées par interférométrie, une technique qui combine la lumière de plusieurs miroirs. À l’œil nu, ce couple ne forme qu’un seul point d’or.
jusqu’à Capella
lors de son passage
alignés
Menkalinan et les étoiles qui s’éclipsent
Menkalinan (β Aurigae), de magnitude 1,9, à 81 années-lumière, tient son nom de l’arabe « l’épaule de celui qui tient les rênes ». C’est un couple d’étoiles qui s’éclipsent mutuellement : Hipparcos a mesuré de légères baisses de son éclat. Non loin des Chevreaux, Epsilon Aurigae pousse le phénomène à l’extrême, éclipsée à de très longs intervalles par un compagnon enveloppé d’un disque de poussière.
M36, M37 et M38 : trois amas en enfilade
Le Cocher contient trois amas ouverts du catalogue de Messier, presque alignés au milieu de la Voie lactée : M37 (magnitude 5,6), M36 (6,0) et M38 (6,4). Aux jumelles, ce sont trois petites taches laiteuses ; un télescope les résout en dizaines d’étoiles.
Trois amas en enfilade, comme trois braises sur la Voie lactée d’hiver.
Ils furent repérés dès le XVIIe siècle par Giovanni Battista Hodierna, en Sicile, avant que Charles Messier ne les inscrive dans son catalogue. M37, le plus riche, se reconnaît à son semis serré ; M36 est plus compact, M38 plus étalé. Le voisin NGC 2281, de magnitude 5,4, complète la tournée. Pour comprendre comment naissent ces familles d’étoiles, voyez notre article sur les amas stellaires.
La légende du Cocher et de la chèvre Amalthée
Le Cocher figure parmi les 48 constellations de Ptolémée. Pour les Grecs, il s’agit le plus souvent d’Érichthonios, roi légendaire d’Athènes : selon Ératosthène et Hygin, il fut le premier à atteler quatre chevaux à un char, et Zeus, admiratif, le plaça parmi les étoiles. Une autre version y voit Myrtilos, cocher du roi Œnomaos, fils d’Hermès.
Mais pourquoi ce conducteur porte-t-il une chèvre ? Aucun récit antique ne relie vraiment les deux figures : la tradition a superposé deux images. La chèvre est Amalthée, qui nourrit de son lait Zeus nouveau-né, caché en Crète pour échapper à son père Cronos. Aratos la dit « sainte » pour cette raison. Ovide raconte, dans les Fastes, qu’elle se brisa une corne contre un arbre ; remplie de fruits, celle-ci devint la corne d’abondance.
Les Chevreaux, ses petits, avaient une réputation moins tendre : pour les marins antiques, leur lever annonçait les tempêtes. Sur les cartes du ciel, l’enfance d’un dieu et la colère de la mer tiennent ainsi dans la même poignée d’étoiles. Retrouvez d’autres récits de ce genre parmi les constellations mythologiques.
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On associe au Cocher l’idée de guidance, celle de la main qui tient les rênes, et, par Amalthée, une tendresse protectrice : la chèvre qui veille sur un nouveau-né. C’est un choix délicat pour une naissance, un baptême ou un parrainage, pour remercier une nourrice, une grand-mère, ou saluer un permis tout juste obtenu.
À l’étape « Choix de la constellation » de la personnalisation, sélectionnez le Cocher : son nom apparaît sur le certificat et la carte du ciel, avec les coordonnées de l’étoile. Le nom que vous choisissez est un geste symbolique, qui n’a pas valeur de désignation astronomique : seuls les noms attribués par l’UAI, comme Capella, sont officiels. Pour les étapes, consultez notre guide pour baptiser une étoile.
Une étoile près de Capella, un nom choisi avec soin, un coffret pour le garder : le cadeau d’une vie qui commence.
Questions fréquentes sur la constellation du Cocher
Pourquoi Capella est-elle visible toute l’année depuis la France ?
Parce qu’elle est assez proche du pôle céleste pour ne jamais passer sous l’horizon à nos latitudes. À Paris, elle culmine à 87° en hiver et redescend, en été, à environ 5° au-dessus de l’horizon nord.
Comment reconnaître la constellation du Cocher ?
Repérez Capella, étoile jaune très brillante, puis le grand pentagone qu’elle forme avec Menkalinan, Mahasim, Hassaleh et Elnath. Le petit triangle des Chevreaux, juste à côté de Capella, confirme l’identification.
Le Cocher fait-il partie du zodiaque ?
Non. Le Cocher se trouve au nord de l’écliptique, la route apparente du Soleil : celui-ci ne le traverse jamais. Il borde toutefois deux constellations zodiacales, le Taureau et les Gémeaux.
Comment voir les amas M36, M37 et M38 ?
Par une nuit sans Lune, de novembre à mars, balayez aux jumelles la région située entre Elnath et le centre du pentagone. Les trois amas apparaissent comme des taches floues alignées ; un petit télescope les résout en étoiles.
Que représente la constellation du Cocher ?
Un conducteur de char, le plus souvent identifié à Érichthonios, roi d’Athènes. Il porte sur l’épaule la chèvre Amalthée, qui nourrit Zeus enfant, et ses deux chevreaux.
Peut-on offrir une étoile dans le Cocher ?
Oui : choisissez le Cocher à l’étape « Choix de la constellation ». Votre certificat et votre carte du ciel indiqueront la constellation et la position de l’étoile, dont le nom reste un hommage symbolique.
Pour aller plus loin
Étoiles doubles et grands récits du ciel : deux lectures pour prolonger la découverte, et le Cocher parmi les 88 constellations officielles.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms d’étoiles approuvés par le WGSN (Capella, Menkalinan, Mahasim, Hassaleh).
- Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
- Amas M36, M37, M38 et NGC 2281 : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Récits antiques : Aratos, Phénomènes ; Ératosthène, Catastérismes ; Hygin, De astronomia ; Ovide, Fastes.
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.







