Du sapin à l’étoile, la lumière que l’on se transmet à Noël

L’origine du sapin de Noël, de la forêt au salon

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Une famille de dos choisit son petit sapin dans une forêt enneigée, sous le soleil doré qui filtre entre les troncs

L’origine du sapin de Noël se trouve dans les forêts d’Europe rhénane : c’est à Sélestat, en Alsace, que la Ville met en avant la plus ancienne trace écrite connue, en 1521. Mais l’histoire commence bien avant, avec un arbre vert que l’on rapportait à la maison pour garder foi en la lumière. Voici comment il est venu jusqu’à votre salon.

Le sapin en trois repères
✦ ✦ ✦
  • AvantDes branches vertes rapportées à la maison, au cœur de l’hiver.
  • 1521Sélestat note dans ses comptes la garde des jeunes arbres, à la Saint-Thomas.
  • Vers 1837Un sapin à la cour de France, selon plusieurs récits ; il ne s’imposera que bien plus tard.

Pourquoi rapporter un arbre vert à la maison en plein hiver ?

Parce que le vert, quand tout dort, dit que la vie continue. Dans bien des régions d’Europe, on garnissait la maison de branches vertes au cœur de l’hiver, bien avant que l’on parle d’un « arbre de Noël ».

Les historiens restent prudents : rien ne prouve de lien direct entre ces usages très anciens, que l’on prête volontiers aux Romains ou aux Celtes, et le sapin que nous connaissons. Une piste revient souvent, médiévale celle-là, et certains chercheurs y voient un ancêtre du sapin. Au Moyen Âge, on jouait le drame d’Adam et Ève, fêtés le 24 décembre, avec pour seul décor un « arbre du paradis » : un sapin chargé de pommes.

Selon cette hypothèse, des familles d’Allemagne auraient ensuite dressé chez elles cet arbre-là, le soir de la fête d’Adam et Ève : le sapin de Noël serait né de ce passage de la scène à la maison.

Que dit le registre de Sélestat, en 1521 ?

À Sélestat, dans un registre de comptes de 1521, la Ville inscrit quatre schillings versés à ses forestiers pour garder les « meygen » (mot que la version anglaise de la page de la Ville rend par « maize » ; les historiens locaux y lisent des rameaux verts), à partir de la Saint-Thomas, le 21 décembre. Le texte ne parle pas de Noël : ce sont les historiens locaux qui y lisent la preuve que l’on coupait déjà de jeunes sapins pour les maisons, lecture que confortent d’autres textes du XVIe siècle.

1521Sélestat, mention
de référence
1605Strasbourg, des sapins
garnis chez les habitants
1837Un sapin à la cour de France,
selon plusieurs récits

Cette primauté se discute. Riga et Tallinn revendiquent des sapins dressés par la guilde des Têtes-Noires dès 1510 (voire plus tôt selon certaines sources). Sélestat met en avant la plus ancienne mention connue à ce jour ; c’est déjà beaucoup.

Le sapin n’a pas été inventé un soir : il a poussé, de village en village.

Comment est-il entré dans nos salons ?

Par petites touches, de la forêt à la table. En 1605, un chroniqueur strasbourgeois décrit des sapins parés de roses en papier, de pommes, de gaufrettes et de sucreries. Les bougies viendront plus tard, puis, à la fin du XIXe siècle, les premières guirlandes électriques, que l’on attribue souvent à Edward Johnson, collaborateur d’Edison, à New York en 1882.

Au XIXe siècle, l’arbre quitte l’Allemagne par les cours. Il aurait été introduit à la cour de France par Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d’Orléans, vers 1837 (certaines sources donnent 1840), mais l’usage ne s’y généralise que bien plus tard. Et la gravure de la famille royale britannique autour de son sapin, publiée en 1848 par l’Illustrated London News, le rend désirable bien au-delà de l’Angleterre.

En France, il se répand d’abord dans le nord-est après la guerre de 1870, quand des Alsaciens et des Lorrains qui choisissent la France le font aimer, puis devient courant au début du XXe siècle.

Ce que le sapin garde de ses forêts

Chaque région a gardé sa manière de le parer et de fêter la veillée. La Provence, elle, a fait de sa table, avec les treize desserts de Noël, le cœur de la fête ; l’Alsace et l’Allemagne, elles, ont gardé l’arbre au centre de la maison.

Un arbre vert entre dans la maison : tout l’hiver se met à espérer.

Au fond, le sapin n’a jamais été un simple décor. C’est un geste de famille : on le choisit ensemble, on y accroche des souvenirs, on le regarde s’allumer. Pour prolonger le voyage, il y a ce que célèbre la fête de la Nativité, ou d’autres lectures pour les fêtes de fin d’année. Et quand vient le moment de trouver un cadeau de Noël qui a du sens, c’est souvent à ces gestes-là que l’on pense.

Questions fréquentes sur l’origine du sapin de Noël

D’où vient le sapin de Noël ?

Des régions rhénanes, entre Alsace et Allemagne. La Ville de Sélestat met en avant un registre de 1521 comme plus ancienne mention écrite connue ; Riga (1510) et Tallinn revendiquent plus ancien, et ses débuts restent débattus.

Pourquoi un sapin plutôt qu’un autre arbre ?

Sans doute parce qu’il reste vert tout l’hiver ; on le rapproche aussi de l’« arbre du paradis » des drames médiévaux. Aucun texte ancien n’explique ce choix avec certitude.

Que mettait-on autrefois sur le sapin ?

Des pommes, des gaufrettes ou des hosties, des roses en papier et des sucreries. Les bougies sont venues plus tard, les guirlandes électriques à la fin du XIXe siècle.

Quand le sapin est-il arrivé en France ?

Selon plusieurs récits, à la cour de France vers 1837 ; il se répand d’abord dans le nord-est après la guerre de 1870, avec les Alsaciens et les Lorrains venus vivre en France.

Martin Luther a-t-il inventé le sapin illuminé ?

C’est une légende apocryphe, forgée au XIXe siècle, que rien d’établi ne soutient.

Précédent : L’étoile du sapin

Sources

  • Wikipédia (anglais), « Christmas tree » : l’arbre du paradis des drames médiévaux, joués le 24 décembre ; hypothèse présentée comme une piste, non comme une certitude (voir aussi Edward H. Johnson, 1882 ; Illustrated London News, 1848 ; date de 1840 donnée pour la duchesse d’Orléans).
  • Ville de Sélestat, « 1521 : les origines de l’arbre de Noël » : le registre de comptes de 1521 et son interprétation (page lue dans sa version anglaise).
  • Wikipédia, « Sapin de Noël », d’après Perrot (2002), Brunner (2012), Bertaina (2020) et Cabantous et Walter (2016) : Strasbourg 1605, Riga, Tallinn, diffusion en France.

Écrit par

La rédaction Etoilez-moi

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