Régulus, l’étoile du cœur du Lion : qui est-elle, où la trouver ?

L’étoile Régulus est la plus brillante du Lion : une étoile bleu-blanc, à environ 79 années-lumière. Pour la trouver, prolongez vers l’est les lignes qui partent de Sirius et de Procyon : elles conduisent à Régulus. Le lundi 16 novembre 2026, à Paris, elle se lève à 0 h 22 et brille à 50° de hauteur à 6 h, avant l’aube.
Qu’est-ce que Régulus, et que veut dire son nom ?
Régulus, que les astronomes notent α du Lion, est l’étoile la plus brillante du Lion. Son éclat, mesuré en magnitude, est d’environ 1,4 : c’est la 21e étoile la plus brillante du ciel, selon un catalogue des étoiles brillantes. Sirius paraît 13 fois plus brillante qu’elle, et Spica 1,4 fois plus.
Son nom vient du latin : regulus, diminutif de rex, désigne un petit roi, le chef d’un petit pays, un prince. En grec, basiliskos, diminutif de basileus, « roi », signifie aussi, selon le dictionnaire de Liddell, Scott et Jones, l’étoile α du Lion. Copernic, en 1543, écrit Regulus sive Basiliscus. L’Union astronomique internationale a adopté le nom Régulus le 30 juin 2016.
Elle est à environ 79 années-lumière : la lumière que vous voyez est partie il y a environ 79 ans, vers 1947. C’est la plus proche des étoiles de type B, que la NASA range parmi les étoiles bleu-blanc. Elle rayonne environ 350 fois plus que le Soleil.
Comment trouver Régulus dans le ciel ?
Cherchez d’abord la faucille du Lion et son étoile Régulus : un point d’interrogation inversé, dont Régulus est le point. La faucille dessine la tête et la crinière du fauve ; à l’arrière, un triangle dessine son arrière-train, dont Denebola est l’étoile la plus brillante, à 25° de Régulus.
Autre repère : Sirius et Procyon, prolongées vers l’est, conduisent à Régulus. Elle est à 37° de Procyon, à l’est et un peu au nord d’elle. Sirius, étoile de l’hiver, en est à 58°.
À Paris, Régulus se lève à l’est-nord-est et se couche à l’ouest-nord-ouest, toute l’année. Plein sud, elle monte à 53° au plus haut.

Quand voir Régulus depuis la France ?
En novembre, c’est une étoile du matin. Le lundi 16 novembre 2026, à Paris, elle se lève à 0 h 22, atteint 43° à 5 h et 50° à 6 h. La Lune est couchée : le ciel est sans Lune de 0 h 22 à 6 h 10, quand il commence à pâlir.
À 6 h, les planètes Mars et Jupiter sont dans le même coin du ciel : Mars à 4,6° de Régulus, Jupiter à 4,3°, toutes deux au nord-ouest, au-dessus et à droite en regardant le sud-est. Elles sont à 1,2° l’une de l’autre à 2 h 50 : notre article sur Mars et Jupiter le 16 novembre le raconte.
Le jeudi 26 novembre, Mars passe à 1,7° au nord de Régulus ; à 6 h, la Lune, à 96 %, brille dans l’ouest. Les Léonides de la nuit du 17 au 18 novembre, des étoiles filantes, semblent partir d’un point situé à 10° au nord de Régulus.
Régulus se lève ensuite de plus en plus tôt : elle est visible presque toute la nuit en janvier, la nuit entière en février. Le meilleur moment vient de mars à mai, en soirée. Elle devient difficile à suivre en juin, disparaît en été, et reparaît à l’aube début septembre 2027.
Pourquoi Régulus tourne-t-elle si vite ?
Selon les mesures de McAlister et de ses collègues, publiées en 2005, la vitesse projetée de Régulus à l’équateur atteint environ 317 kilomètres par seconde, l’étoile étant vue presque par l’équateur. D’après le modèle de ces astronomes, un tour dure un peu moins de seize heures. Elle tourne près de la vitesse à laquelle elle se disloquerait.
Cette rotation l’aplatit : son rayon à l’équateur dépasse de 32 % celui des pôles, soit environ 5,8 millions de kilomètres de diamètre contre 4,4 millions entre les pôles. Son équateur est plus froid : 10 300 kelvins, contre 15 400 kelvins aux pôles.
Pourquoi si vite ? Les astronomes pensent que de la matière venue d’une compagne, aujourd’hui réduite à un noyau, l’a accélérée.

Régulus est-elle seule ?
Non : les astronomes y voient un système de quatre étoiles, un « quadruplet hiérarchique » selon Mamajek et Burgasser en 2024. Régulus A a une compagne très proche, jamais vue directement, qui en fait le tour en environ 40 jours. En 2020, Gies et ses collègues ont détecté, dans les spectres, le signal ténu de cette compagne, une étoile qui deviendra une naine blanche : une détection, non une image.
Plus loin, Régulus B, orangée, de type K, se trouve à 176 secondes d’arc de Régulus A, au nord-ouest. Tout près de B, à 2,1 secondes d’arc, se trouve Régulus C, une étoile faible.
Que mesurait Ptolémée avec Régulus ?
Dans l’Almageste, Ptolémée relate qu’à Alexandrie, la nuit du 23 février 139 du calendrier julien, il a mesuré la position de l’étoile du cœur du Lion par rapport à la Lune. Il la désigne par sa place, non par un nom.
Elle se trouvait à 32° et demi du solstice d’été ; Hipparque l’avait mesurée à 29° 50′, en 128-127 avant notre ère. Elle s’était donc déplacée d’environ 2° 40′ en 265 ans, et Ptolémée en déduit environ 1° par siècle : un lent glissement du ciel. Aujourd’hui, ce glissement est d’environ 1° en 72 ans.
En 1543, Copernic rapporte ces mesures dans De revolutionibus. Régulus a ainsi servi de repère à des astronomes pendant plus de seize siècles.
Pour aller plus loin
- Les 88 constellationsChaque figure du ciel a son histoire : parcourez-les toutes, de la plus connue à la plus discrète.
- Observer votre étoileQuelques gestes simples pour lever les yeux et reconnaître le ciel, un soir de ciel clair.
Vos questions
Quand voir Régulus en 2026 et 2027 ?
Le lundi 16 novembre 2026, elle se lève à 0 h 22 à Paris. Elle se voit la nuit entière en février, et le mieux en soirée, de mars à mai.
À quelle distance de la Terre se trouve Régulus ?
À environ 79 années-lumière : sa lumière met environ 79 ans à nous parvenir.
Comment trouver Régulus depuis la France ?
Elle est le point de la faucille du Lion ; vous pouvez aussi prolonger vers l’est les lignes de Sirius et de Procyon. À Paris, elle monte à 53° au plus haut, plein sud.
Sources
Faits vérifiés par la Rédaction auprès des sources suivantes.
UAI, catalogue des noms d’étoiles, consultée le 28 octobre 2026
SIMBAD, fiche de Régulus, consultée le 24 octobre 2026
ESA, archive Gaia, consultée le 28 octobre 2026
McAlister et al., premiers résultats du réseau CHARA sur Régulus (2005), consultée le 28 octobre 2026
Gies et al., orbite spectroscopique de Régulus (2008) et détection de sa compagne pré-naine blanche (2020), consultée le 28 octobre 2026
Rappaport et al., passé et avenir de Régulus (2009), consultée le 28 octobre 2026
Mamajek et Burgasser, un compagnon candidat de Régulus (2024), consultée le 28 octobre 2026
NASA, Night Sky Network, le Lion (2026) ; NASA, les étoiles, consultée le 28 octobre 2026
Lewis et Short, A Latin Dictionary, « regulus » (Perseus) ; Liddell, Scott et Jones, « βασιλίσκος » (Perseus), consultée le 28 octobre 2026
Ptolémée, Almageste, traduction de G. J. Toomer (1984), consultée le 28 octobre 2026
Copernic, De revolutionibus orbium coelestium (1543), consultée le 28 octobre 2026
NOIRLab, le Lion avec le dessin de Hevelius (leo-hevelius), consultée le 28 octobre 2026
NOIRLab, la photographie du Lion (leoh), consultée le 28 octobre 2026
ESO, vue d’artiste de l’étoile VFTS 102 (eso1147b), consultée le 28 octobre 2026
Calculs de la Rédaction (JPL Horizons ; formules de Jean Meeus)
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