La constellation de Cassiopée trace dans le ciel du nord un W si net qu’on la reconnaît au premier regard. Depuis la France, ses étoiles ne se couchent jamais : on peut la retrouver toute l’année, et c’est en automne, presque à la verticale, qu’elle se montre la plus souveraine. Reine orgueilleuse des récits grecs, théâtre de l’« étoile nouvelle » observée par Tycho Brahe en 1572, elle est la porte d’entrée idéale du ciel boréal.
- Un W lumineux, visible toutes les nuits de l’année.
- Au plus haut mi-novembre vers 22 h, près du zénith.
- Reine d’Éthiopie, mère d’Andromède, punie pour sa vanité.
Où se trouve la constellation de Cassiopée ?
Cassiopée occupe le ciel boréal, à une trentaine de degrés du pôle nord céleste, à l’opposé de la Grande Ourse par rapport à l’étoile Polaire. Elle touche cinq constellations : Céphée, son époux dans la légende, la constellation d’Andromède, sa fille, et Persée, son futur gendre, auxquels s’ajoutent la Girafe et le Lézard. La Voie lactée la traverse de part en part, semée d’amas d’étoiles.
Son W réunit cinq étoiles de deuxième et troisième grandeur. D’ouest en est : Caph, Schedar, Tiansi, Ruchbah et Segin. Comme la figure tourne autour du pôle en une journée, elle se lit tantôt comme un W, tantôt comme un M, et paraît couchée sur le flanc entre les deux.
Pour la trouver, partez de la Grande Ourse, visez l’étoile Polaire et poursuivez votre chemin : Cassiopée vous attend de l’autre côté, à une distance comparable. Les deux figures se font face de part et d’autre du pôle, comme les plateaux d’une balance céleste.

Quand observer Cassiopée depuis la France ?
Toutes les nuits de l’année, puisqu’elle est circumpolaire : depuis Paris, aucune de ses étoiles ne passe sous l’horizon. La plus belle saison va d’octobre à janvier. À la mi-novembre, vers 22 h, elle culmine à 76° de hauteur, juste au nord du zénith : il faut presque renverser la tête pour l’admirer. En octobre, à la même heure, elle s’élève au nord-est ; en décembre, elle bascule lentement vers le nord-ouest.
Au printemps, elle ne disparaît pas : elle glisse au-dessus de l’horizon nord, entre vingt et trente degrés de hauteur en début de nuit, là où les lueurs des villes la noient plus facilement. Ses cinq étoiles principales restent pourtant assez vives pour percer un ciel urbain. Pour suivre sa ronde heure par heure, l’application gratuite Stellarium est une alliée précieuse.
Cassiopée ne se couche jamais : elle veille sur chacune de nos nuits, du solstice d’hiver aux soirs d’été.
Schedar, Caph et Tiansi, les joyaux du W
Les trois étoiles les plus brillantes de Cassiopée sont Tiansi (γ Cassiopeiae), Schedar (α) et Caph (β), toutes trois entre les magnitudes 2,1 et 2,5. Elles ne sont pourtant pas voisines dans l’espace : Caph se trouve à 54,7 années-lumière, Schedar à 228, Tiansi à environ 550.
Schedar, géante orangée, tire son nom de l’arabe al-sadr, « la poitrine » : c’est à cet endroit du corps de la reine que la traduction arabe de l’Almageste de Ptolémée plaçait l’étoile. Caph, d’un blanc légèrement doré, garde le souvenir d’une image plus ancienne encore : pour les Arabes d’avant l’islam, les étoiles de Cassiopée formaient al-kaff al-khadib, « la main teinte », une main aux doigts colorés de henné. Ruchbah, à 99 années-lumière, signifie « le genou » de la « dame à la chaise ».
25e rang sur 88
jusqu’à Caph
sous un ciel parfait
Tiansi, l’étoile aux mille humeurs
Tiansi est une étoile bleue extrêmement chaude, qui tourne si vite sur elle-même qu’elle s’entoure d’un disque de gaz. Ce disque se forme et se dissipe au fil des années, et l’éclat de l’étoile varie avec lui : les catalogues actuels lui donnent une magnitude comprise entre 2,1 et 2,5, mais elle a connu des écarts bien plus marqués au XXe siècle. Elle a donné son nom à toute une famille d’étoiles variables.
Son nom officiel est tout récent : l’UAI l’a adopté le 13 novembre 2025. Tiansi, « le quadrige céleste », désigne dans l’astronomie chinoise, depuis au moins deux mille ans, les quatre chevaux qui tirent un char du ciel. Auparavant, les astronautes américains l’appelaient « Navi » : Gus Grissom, disparu en 1967 dans l’incendie d’Apollo 1, avait retourné son deuxième prénom, Ivan, pour nommer cette étoile de navigation.

La légende de la reine Cassiopée
Cassiopée figure parmi les 48 constellations décrites par Ptolémée au IIe siècle. Les Grecs y voyaient la reine d’Éthiopie, épouse du roi Céphée et mère d’Andromède, assise sur son trône. Selon les versions, elle se vanta d’être plus belle que les Néréides, les nymphes de la mer, ou prétendit que sa fille l’était.
L’offense déchaîna la colère de Poséidon, qui envoya un monstre marin ravager les côtes du royaume : on le retrouve plus au sud sous le nom de la Baleine. Pour apaiser le dieu, un oracle exigea le sacrifice d’Andromède, enchaînée à un rocher face aux flots, jusqu’à ce que Persée surgisse pour la délivrer.
Toute la famille fut placée au ciel, et la reine y tourne la tête en bas une partie de la nuit.
Des auteurs anciens ont vu dans cette ronde autour du pôle, qui la fait passer à l’envers au-dessus de l’horizon nord, le juste prix de son orgueil. Les astronomes arabes ont retenu l’image plus paisible de la « dame à la chaise », que l’on entend encore dans le nom de Ruchbah. Ces récits croisés sont rassemblés dans notre dossier sur la mythologie des constellations.
1572, l’étoile nouvelle de Tycho Brahe
En novembre 1572, une étoile inconnue s’alluma près du W, plus éclatante que Jupiter. Le jeune astronome danois Tycho Brahe l’observa nuit après nuit et montra qu’elle se trouvait bien au-delà de la Lune, dans le domaine des étoiles que l’on croyait immuable. Visible jusqu’au printemps 1574, elle ébranla l’idée d’un ciel figé. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une supernova, l’explosion d’une étoile : découvrez ces cataclysmes dans notre article sur les supernovae.
Cassiopée abrite aussi Cassiopée A, le reste d’une autre supernova dont la lumière aurait dû atteindre la Terre vers la fin du XVIIe siècle, sans qu’aucune observation certaine ne nous soit parvenue. C’est l’une des sources radio les plus puissantes du ciel.
Des amas plein les jumelles
Parce que la Voie lactée la traverse, Cassiopée regorge d’amas ouverts. M52 (magnitude 6,9) et M103 (7,4) se cueillent aux jumelles ; NGC 457, l’« amas de la Chouette » (6,4), doit son surnom à deux étoiles plus vives qui lui dessinent des yeux. Non loin, IC 1805, que les astrophotographes appellent la nébuleuse du Cœur, ne se révèle qu’en photographie.
Offrir une étoile dans la constellation de Cassiopée
Cassiopée est la constellation de celles et ceux qui rayonnent. On y associe volontiers l’assurance, une beauté qui ne craint pas le regard, et une présence fidèle : de toutes les figures du ciel, elle est l’une des rares que l’on retrouve chaque nuit, en toute saison. Elle évoque aussi la mère, puisque la légende en fait celle d’Andromède.
C’est un choix tout trouvé pour une fête des mères, pour une femme qui vous inspire ou pour un anniversaire d’automne, quand le W brille au plus haut. Au moment de personnaliser votre coffret, l’étape « Choix de la constellation » vous permet de sélectionner Cassiopée ; notre guide comment baptiser une étoile détaille chaque étape. Précisons-le : ce baptême reste un geste symbolique, qui vit dans votre histoire plutôt que dans les catalogues. Les noms officiels, comme Schedar ou Tiansi, relèvent de l’Union astronomique internationale.
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Ou explorer Cassiopée et sa famille royale parmi les 88 constellations
Questions fréquentes sur la constellation de Cassiopée
Comment reconnaître Cassiopée dans le ciel ?
Cherchez au nord un W, ou un M selon l’heure, formé de cinq étoiles d’éclat comparable. Il se trouve de l’autre côté de l’étoile Polaire par rapport à la Grande Ourse, sur le fil de la Voie lactée. Une fois repéré, ce zigzag ne s’oublie plus.
Cassiopée est-elle visible toute l’année en France ?
Oui. Ses étoiles principales ne se couchent jamais, où que vous soyez en France : elles tournent autour du pôle sans passer sous l’horizon. Cassiopée est au plus haut en soirée d’octobre à janvier, et plus basse au-dessus de l’horizon nord au printemps.
Quelle est l’étoile la plus brillante de Cassiopée ?
C’est le plus souvent Tiansi (γ Cassiopeiae), une étoile variable dont la magnitude oscille aujourd’hui entre 2,1 et 2,5 environ. Elle dispute la première place à Schedar (α), géante orangée de magnitude 2,23, et à Caph (2,27).
Qui était Cassiopée dans la mythologie grecque ?
La reine d’Éthiopie, épouse de Céphée et mère d’Andromède. Sa vanité envers les Néréides provoqua la colère de Poséidon, qui envoya un monstre marin ; Andromède fut offerte en sacrifice avant d’être sauvée par Persée. Toute la famille fut ensuite placée parmi les étoiles.
Quelle supernova a-t-on observée dans Cassiopée ?
Celle de 1572, étudiée par Tycho Brahe : plus brillante que Jupiter, elle resta visible environ un an et demi et prouva que le ciel des étoiles pouvait changer. Cassiopée abrite aussi Cassiopée A, reste d’une explosion plus récente, invisible à l’œil nu.
Que symbolise une étoile offerte dans Cassiopée ?
On y associe le rayonnement, l’assurance et une présence fidèle, puisque la constellation brille toute l’année. Figure de reine et de mère, elle se prête à une fête des mères ou à un hommage à une femme admirée ; son nom figure sur le certificat et la carte du ciel.
Pour aller plus loin
Poursuivez l’exploration du ciel d’automne, puis retrouvez Cassiopée et toute sa famille parmi notre carte des 88 constellations.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms d’étoiles approuvés par le WGSN (Tiansi, adopté le 13 novembre 2025).
- Distances, magnitudes et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007) ; contrôles Yale Bright Star Catalogue.
- Amas et nébuleuses : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Supernova de 1572 : Tycho Brahe, De nova stella (1573).
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.







