La constellation d’Orion est le grand chasseur des nuits d’hiver : depuis la France, elle se lève à l’est à la fin de l’automne et trône plein sud en janvier, au-dessus de l’équateur céleste. Même ceux qui ne connaissent aucune étoile reconnaissent ses trois astres alignés, le Baudrier. Autour d’eux, Bételgeuse la rouge et Rigel la bleue se font face, et sous la ceinture brille une nébuleuse où naissent des étoiles, visible à l’œil nu.
- Le BaudrierTrois étoiles de même éclat, alignées au centre d’un grand quadrilatère.
- Le contrasteBételgeuse rougeoie à l’épaule, Rigel étincelle de bleu au genou.
- La nébuleuseSous la ceinture, une tache laiteuse : une pouponnière d’étoiles.
Comment reconnaître Orion dans le ciel ?
Orion se reconnaît à un grand quadrilatère de quatre étoiles brillantes, traversé en son milieu par trois étoiles alignées : le Baudrier, ou ceinture du chasseur. La constellation chevauche l’équateur céleste et touche cinq voisines : le Taureau au nord-ouest, les Gémeaux au nord-est, la Licorne à l’est, le Lièvre à ses pieds et le fleuve Éridan à l’ouest.
En haut, Bételgeuse marque l’épaule droite du chasseur et Bellatrix son épaule gauche ; en bas, Rigel et Saiph figurent ses genoux. Sous le Baudrier pend une petite ligne d’étoiles, l’Épée, au milieu de laquelle se devine une tache floue : la grande nébuleuse.
Orion sert aussi de boussole céleste. Prolongé vers le bas et la gauche, le Baudrier mène à Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel ; vers le haut et la droite, il conduit à Aldebaran, l’œil du Taureau. Avec Sirius et Procyon, Bételgeuse forme enfin le grand Triangle d’hiver.


Quand voir la constellation d’Orion depuis la France ?
Orion est visible en soirée de novembre à avril, avec un sommet à la fin janvier : vers le 27, à 22 h, il culmine plein sud à environ 46° de hauteur. Au début de novembre, il se lève à l’est vers 21 h ; à la mi-décembre, il est déjà à plus de 30° au sud-est à 22 h et passe au méridien vers 1 h du matin. Pendant les fêtes de fin d’année, c’est vers minuit qu’il trône plein sud.
À la mi-janvier, il culmine vers 23 h ; à la mi-février, vers 21 h, et en mars, il s’incline déjà vers l’ouest dès la nuit tombée. De mai à septembre, il disparaît dans la clarté du Soleil, avant de revenir à l’aube à la fin de l’été. Fin octobre, une pluie d’étoiles filantes semble d’ailleurs jaillir de lui : les Orionides, poussières laissées par la comète de Halley, que notre article sur les pluies d’étoiles filantes vous apprend à guetter.
Nos campagnes avaient leurs propres noms pour ces étoiles. Le Baudrier s’appelait « les Trois Rois », et il brille justement haut dans le ciel au moment de l’Épiphanie ; avec l’Épée, il formait « le Râteau ».
Bételgeuse et Rigel, le feu et la glace
Rigel (β Orionis) est l’étoile la plus brillante d’Orion, de magnitude 0,13 : une supergéante bleue située à environ 860 années-lumière. Son nom vient de l’arabe rijl al-jauzā’, « le pied d’al-Jauzā’ », la figure féminine que les Arabes d’avant l’islam voyaient dans ces étoiles. Si elle porte la lettre β, c’est que Bayer, en 1603, classait les étoiles par groupes d’éclat plutôt qu’à la décimale près.
Bételgeuse (α Orionis) est son exact contraire : une supergéante rouge, de type M2, assez vaste pour engloutir l’orbite de Mars si elle remplaçait le Soleil. Sa distance reste mal connue, environ 500 années-lumière selon Hipparcos, et son éclat varie : entre 0,28 et 0,57 pendant la mission du satellite. Fin 2019, elle s’est mise à faiblir, jusqu’à la magnitude 1,6 au début de 2020, au point de modifier la silhouette d’Orion. Les astronomes ont montré qu’un nuage de poussière, expulsé par l’étoile elle-même, avait voilé une partie de sa surface. Son nom, déformé au fil des traductions, vient de yad al-jauzā’, « la main d’al-Jauzā’ ». Notre dossier sur les étoiles variables explique ces respirations stellaires.
Bételgeuse est une étoile en sursis : un jour, elle explosera en supernova.
au plus fort de sa baisse
visibles à l’œil nu
trois pleines Lunes
Bellatrix et les perles du Baudrier
Bellatrix (γ Orionis), magnitude 1,64, à environ 250 années-lumière, porte un nom latin qui signifie « la guerrière ». Au centre du Baudrier, Alnilam (ε Orionis), de magnitude 1,69, est une supergéante si lointaine que sa distance reste très incertaine ; son nom, comme celui d’Alnitak, sa voisine, évoque un collier de perles ou une ceinture. Mintaka ferme l’alignement au nord-ouest.
La grande nébuleuse d’Orion, pouponnière d’étoiles
La nébuleuse d’Orion, M42, est un immense nuage de gaz et de poussière où se forment de nouvelles étoiles. De magnitude 4, elle s’étend sur 90 minutes d’arc, l’équivalent de trois pleines Lunes, et se voit à l’œil nu sous la forme d’une étoile floue au milieu de l’Épée.
Le Français Nicolas-Claude Fabri de Peiresc fut le premier à la décrire dans une lunette, en 1610. Aux jumelles, elle prend l’allure d’un petit oiseau aux ailes déployées ; au télescope apparaissent en son cœur quatre étoiles très jeunes disposées en losange, le Trapèze, dont le rayonnement fait briller tout le nuage. Juste au nord, M43, la nébuleuse de Mairan, de magnitude 9, en semble détachée par un trait sombre. Au nord-est du Baudrier, M78 est une nébuleuse par réflexion ; et près d’Alnitak se découpe, sur les photographies, la célèbre Tête de Cheval.
La légende d’Orion, le chasseur aimé d’Artémis
Orion est l’une des plus anciennes figures du ciel, déjà nommée par Homère. Pour les Grecs, c’est un chasseur géant, fils de Poséidon selon Hygin, qui tenait de son père le pouvoir de marcher sur les flots. Les récits de sa mort varient. Selon Aratos, il périt piqué par un scorpion envoyé contre lui ; les deux adversaires furent placés aux deux bouts du ciel, si bien qu’Orion se couche à l’ouest quand le Scorpion se lève à l’est, et qu’on ne les voit jamais ensemble.
Hygin rapporte une autre version, plus tendre et plus cruelle. Artémis, la déesse chasseresse, aimait Orion au point de vouloir l’épouser. Son frère Apollon, qui désapprouvait cet amour, lui montra au loin un point noir sur la mer et la défia de l’atteindre. Artémis tira sans savoir que c’était la tête d’Orion, parti nager. Inconsolable, elle le plaça parmi les étoiles.
Depuis, chaque hiver, le chasseur aimé revient dans la nuit.
Les Égyptiens, bien avant les Grecs, voyaient dans ces étoiles Sah, que l’on associait à Osiris.
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On associe à Orion le courage, l’élan et, depuis la légende d’Artémis, un amour qui ne s’éteint pas. C’est surtout l’une des rares constellations que chacun sait retrouver : offrir une étoile d’Orion, c’est offrir un rendez-vous que l’on reverra tous les hivers, le soir de Noël comme lors d’un anniversaire de rencontre en janvier. Elle convient aussi à un esprit aventurier, à un sportif, à celui ou celle qui avance sans peur.
Lors de la personnalisation, l’étape « Choix de la constellation » vous permet de choisir Orion. Le nom de la constellation figure sur le certificat et la carte du ciel, avec les coordonnées de votre étoile. Ce nom est un cadeau symbolique : les désignations officielles, comme Rigel ou Bételgeuse, relèvent de l’Union astronomique internationale. Tout le déroulé est décrit dans notre guide pour baptiser une étoile.
Choisissez une étoile du chasseur d’hiver et offrez-la avec son certificat, sa carte du ciel et l’histoire qui vous lie.
Questions fréquentes sur la constellation d’Orion
Comment trouver la ceinture d’Orion ?
Un soir d’hiver, tournez-vous vers le sud et cherchez trois étoiles de même éclat, serrées et parfaitement alignées : c’est le Baudrier. Il occupe le centre d’un grand quadrilatère formé par Bételgeuse, Bellatrix, Rigel et Saiph.
Quand voir Orion depuis la France ?
En soirée, de novembre à avril. Il culmine vers minuit pendant les fêtes de fin d’année, vers 22 h à la fin janvier, à environ 46° au-dessus de l’horizon sud, puis glisse vers l’ouest au printemps.
Bételgeuse va-t-elle exploser ?
Oui, un jour : c’est une supergéante rouge en fin de vie, destinée à finir en supernova. Mais à l’échelle humaine, rien n’indique que ce soit imminent, et son explosion, vue de si loin, ne présenterait aucun danger pour la Terre.
Pourquoi Bételgeuse a-t-elle faibli en 2020 ?
Fin 2019 et début 2020, elle est descendue jusqu’à la magnitude 1,6. Les observations ont montré qu’un nuage de poussière, expulsé par l’étoile, avait temporairement masqué une partie de sa surface. Elle a depuis retrouvé son éclat habituel.
Peut-on voir la nébuleuse d’Orion à l’œil nu ?
Oui, sous un ciel sans pollution lumineuse : M42 apparaît comme une étoile floue au milieu de l’Épée, sous le Baudrier. Aux jumelles, sa forme d’oiseau se dessine nettement.
Pourquoi Orion et le Scorpion ne sont-ils jamais visibles ensemble ?
Ils sont situés à l’opposé l’un de l’autre sur la sphère céleste : quand le Scorpion se lève à l’est, Orion se couche à l’ouest. Les Grecs y voyaient le chasseur fuyant éternellement le scorpion qui l’avait tué.
Peut-on choisir Orion pour baptiser une étoile ?
Oui, à l’étape « Choix de la constellation » de la personnalisation. Votre certificat et votre carte du ciel indiquent alors Orion ; le nom donné à l’étoile reste un cadeau symbolique, distinct des noms attribués par l’UAI.
Pour aller plus loin
De la naissance des étoiles à la vie des supergéantes, deux lectures pour comprendre ce que l’on voit dans Orion, puis le chasseur parmi les constellations du ciel.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms d’étoiles approuvés par le WGSN (Rigel, Betelgeuse, Bellatrix, Alnilam, Alnitak).
- Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
- Baisse d’éclat de Bételgeuse : Montargès et al., Nature 594, 365 (2021).
- Nébuleuses M42, M43 et M78 : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Récits antiques : Homère, Odyssée ; Aratos, Phénomènes ; Hygin, De astronomia.
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.







