L’étoile Polaire : pourquoi elle indique le nord, et qui l’accompagne

L’étoile Polaire indique le nord parce que l’axe de la Terre pointe presque exactement vers elle. Tout le ciel semble tourner autour de ce point, tandis qu’elle reste presque immobile. Elle se cherche au nord, dans le prolongement de la Grande Ourse, à une hauteur proche de la latitude du lieu.
Pourquoi indique-t-elle le nord ?
La Terre tourne sur elle-même autour d’un axe. Prolongé vers le ciel, cet axe désigne un point que les astronomes appellent le pôle nord céleste. À notre époque, ce point se trouve presque exactement dans la direction de Polaris.
Polaris en est éloignée de moins d’un degré. Au fil de la nuit, les étoiles semblent tourner lentement autour de ce pôle, et Polaris, si proche du centre, paraît presque immobile. Lorsque vous lui faites face, vous regardez vers le nord.
Sa hauteur au-dessus de l’horizon est à peu près égale à la latitude du lieu où vous vous tenez. En métropole, elle se tient ainsi entre 41° et 51° environ, selon la ville.
En France métropolitaine, elle ne se couche jamais : elle fait partie des étoiles dites circumpolaires. Vous pouvez donc la chercher à toute heure de la nuit, en toute saison.

Quel repère mène jusqu’à elle ?
Partez de la Grande Ourse, surnommée la « Casserole ». Prolongez vers le haut la ligne qui relie Dubhé et Mérak, les deux étoiles de l’extrémité de la casserole, sur environ cinq fois l’écart qui les sépare. La première étoile d’éclat moyen que vous rencontrez est Polaris. Lorsque la Grande Ourse est trop basse, cherchez Cassiopée et son « W » : elle se tient de l’autre côté de Polaris, mais ce repère est approximatif.
Polaris appartient elle-même à la Petite Ourse, dont elle termine la queue de la « petite casserole ». Pour le détail du chemin et de la figure, voyez la page consacrée à la Petite Ourse et la Grande Ourse, sa forme et ses repères.

Quelle étoile est-elle vraiment ?
Première surprise : Polaris n’est ni la plus brillante ni la plus grosse des étoiles. Beaucoup d’autres la dépassent en éclat.
C’est une étoile de deuxième grandeur, assez lumineuse pour se voir sans instrument, même en ville. Sa discrétion fait partie de son charme : il faut savoir où la chercher.
Supergéante jaune, elle appartient à la famille des céphéides : des étoiles qui pulsent, comme un cœur qui bat lentement. Elle est la céphéide la plus proche de nous et la plus brillante du ciel. Sa masse reste débattue entre astronomes : de 3 à 6 fois celle du Soleil selon la méthode employée.
Ces étoiles sont précieuses aux astronomes. Plus leur pulsation est lente, plus elles sont lumineuses en réalité, et cette règle sert à mesurer des distances dans l’Univers.
Polaris bat au rythme d’environ quatre jours, un rythme qui s’allonge lentement avec les années. Son éclat varie si peu que, sans instrument, vous ne la verrez pas varier.
Sa lumière voyage longtemps avant de vous atteindre. L’étoile se trouve à environ 430 années-lumière, les mesures récentes la situant entre 430 et 450. La lueur que vous voyez ce soir est partie il y a environ 430 ans.
Polaris est-elle seule ?
Pas tout à fait. Polaris est une étoile multiple : la grande céphéide, Polaris Aa, est accompagnée de deux étoiles naines, Polaris Ab et Polaris B.
Polaris B fut remarquée par William Herschel en 1780. Elle se laisse voir dans un petit télescope.
Polaris Ab, elle, ne se devinait d’abord qu’au léger balancement de l’étoile principale. Hubble l’a ensuite photographiée directement, une découverte annoncée en janvier 2006. Elle tourne autour de Polaris Aa en un peu moins de trente ans, à environ 3,2 milliards de kilomètres d’elle.

Restera-t-elle toujours l’étoile du nord ?
Non. L’axe de la Terre oscille lentement et accomplit un tour complet en environ 26 000 ans. Le pôle céleste glisse donc, peu à peu, parmi les étoiles.
Vers 3000 avant notre ère, l’étoile voisine du pôle était Thuban, dans la constellation du Dragon. Polaris continuera de s’approcher du pôle jusque vers 2100, avant de s’en éloigner. Dans plusieurs milliers d’années, selon les sources, c’est Véga qui s’en approchera à son tour.
Pour découvrir les autres figures du ciel, parcourez notre rubrique Légendes du ciel.

Lever les yeux vers Polaris, c’est retrouver un repère presque immobile dans un ciel qui tourne. Si vous souhaitez prolonger ce geste en donnant un nom symbolique à une étoile, voyez comment choisir la constellation de votre étoile.
Pour aller plus loin
- Observer votre étoileQuelques gestes simples pour lever les yeux et reconnaître le ciel, un soir de ciel clair.
- Les constellations et la mythologieLa page de référence de la maison sur les récits que le ciel a inspirés.
Vos questions
À quelle distance se trouve l’étoile Polaire ?
À environ 430 années-lumière ; les mesures récentes la placent entre 430 et 450. Sa lumière a donc voyagé environ 430 ans avant de vous parvenir.
L’étoile Polaire est-elle la plus brillante du ciel ?
Non. C’est une étoile de deuxième grandeur, que beaucoup d’autres dépassent en éclat. Elle reste pourtant visible sans instrument, même en ville.
Est-elle toujours au nord ?
Oui : en France métropolitaine, elle ne se couche jamais et indique presque exactement le nord, à toute heure, en toute saison. Seule la lente oscillation de l’axe de la Terre l’éloignera du pôle, après 2100 environ.
Quelle différence avec l’étoile du Berger ?
L’étoile Polaire est une véritable étoile, de deuxième grandeur, presque immobile au nord. Celle que l’on appelle l’étoile du Berger, c’est Vénus : une planète, et non une étoile.
Sources
Faits vérifiés par la Rédaction auprès des sources suivantes.
SIMBAD, fiche de Polaris (alf UMi), consultée les 23 et 24 octobre 2026
Sky & Telescope, sur le compagnon de Polaris photographié par Hubble (10 janvier 2006), consultée le 23 octobre 2026
Sky & Telescope, sur la pulsation de Polaris (1 juin 2004), consultée le 23 octobre 2026
Bond et al., parallaxe de Polaris B par Hubble (arXiv:1712.08139), consultée les 23 et 24 octobre 2026
Evans et al., orbite et masse de Polaris (arXiv:1807.06115), consultée les 23 et 24 octobre 2026
Neilson, Blinn et Dunlap, pulsation et masse de Polaris (arXiv:2003.02326), consultée le 23 octobre 2026
NASA, illustration annotée du système de Polaris, consultée les 23 et 24 octobre 2026
NASA StarChild, rubrique des questions, consultée le 23 octobre 2026
astro4edu, glossaire : hauteur de l’étoile Polaire et latitude, consultée le 23 octobre 2026
astro4edu, glossaire : étoiles circumpolaires, consultée les 23 et 24 octobre 2026
Cité des sciences, document pour les enseignants sur l’étoile Polaire, consultée le 23 octobre 2026
Académie de Lyon, document pédagogique sur la Grande Ourse et Cassiopée, consultée le 24 octobre 2026
Wikipédia, précession des équinoxes, consultée le 23 octobre 2026
Université du Michigan, sur l’étoile du pôle au fil du temps, consultée le 23 octobre 2026
IGN, service de géodésie : la France métropolitaine entre 41° et 51° nord, consultée le 24 octobre 2026
Wikipédia, Vénus (planète), consultée le 24 octobre 2026
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