L’essentiel brille là où on ne l’attend pas

Le soirde juillet à novembre

Hauteur à 22 h depuis Paris, mois par mois : au plus haut fin septembre, à 66° au-dessus de l’horizon sud.

La constellation du Petit Renard : la discrète création d’Hevelius

Table des matières
Les étoiles de la constellation du Petit Renard reliées en or sur la Voie lactée, dont Anser

Entre le Cygne et la Flèche se faufile la constellation du Petit Renard, l’une des plus discrètes du ciel d’été : son étoile la plus brillante atteint à peine la magnitude 4,4. Depuis la France, on la trouve de juillet à novembre, haut au sud en septembre. Elle cache pourtant un astérisme en forme de cintre, une nébuleuse célèbre et le premier pulsar jamais découvert.

L’essentiel
  • Créé par Hevelius, publié dans son atlas de 1687.
  • Fin septembre vers 22 h, très haut au sud.
  • Le premier pulsar y fut découvert en 1967.
Nom latinVulpecula (Vul)
Étoile principaleAnser, magnitude 4,44
Superficie268 degrés carrés, 55e sur 88
Meilleur momentFin septembre vers 22 h, haut au sud
PositionVoie lactée d’été, sous le Cygne
SymboliqueCuriosité, malice, amitié

Une invention d’Hevelius

Le Petit Renard n’appartient pas aux constellations antiques. Il a été créé par l’astronome Johannes Hevelius, à Dantzig, avec son épouse Elisabeth, elle-même astronome, pour combler un espace d’étoiles faibles entre le Cygne et l’Aigle. La figure parut dans leur atlas Firmamentum Sobiescianum, daté de 1687, sous le nom de Vulpecula cum Ansere : « le Petit Renard et l’Oie », un renard tenant une oie dans sa gueule.

Avec le temps, l’oie s’est envolée des cartes : seul le renard est resté.

Elle survit dans le nom de l’étoile principale, Anser (α Vulpeculae), « l’oie » en latin : une géante rouge de magnitude 4,44, située à 297 années-lumière.

Où et quand voir le Petit Renard ?

Le Petit Renard s’étire d’ouest en est juste sous le Cygne, au nord de la Flèche, au milieu du Triangle d’été formé par Véga, dans la Lyre, Deneb et Altaïr. Il touche aussi le Dauphin, Hercule et Pégase.

Depuis la France, il se montre en soirée de juillet à novembre. Vers le 23 septembre, à 22 h, il culmine plein sud à 66° de hauteur, dans une nuit noire. Ses étoiles sont trop faibles pour un ciel urbain : partez à la campagne, avec des jumelles.

Tracé de la constellation du Petit Renard entre le Cygne et la Flèche
Le Petit Renard, tel qu’il figure dans nos coffrets.

Le Cintre et la nébuleuse de l’Haltère

Aux jumelles, près de la Flèche, un alignement de six étoiles surmonté d’un petit crochet saute aux yeux : c’est le Cintre, de magnitude globale 3,6, que l’astronome persan al-Soufi décrivait déjà au Xe siècle. Ce n’est pas un vrai amas, mais un alignement fortuit.

Plus à l’est flotte M27, la nébuleuse de l’Haltère, de magnitude 7,5 environ : la bulle de gaz soufflée par une étoile mourante. Charles Messier la découvrit le 12 juillet 1764 ; c’était la première nébuleuse de ce type jamais observée. Une petite lunette la montre comme un trognon de pomme lumineux.

4,44magnitude d’Anser,
l’étoile la plus brillante
3,6magnitude globale
du Cintre
268degrés carrés,
55e rang sur 88

1967 : le premier pulsar

En novembre 1967, à Cambridge, une jeune doctorante, Jocelyn Bell, remarqua dans les relevés d’un radiotélescope un signal d’une régularité parfaite, une impulsion toutes les 1,3 seconde, venu du Petit Renard. On le surnomma d’abord « LGM-1 », pour little green men. C’était en réalité une étoile à neutrons en rotation rapide : le premier pulsar connu. Découvrez ces astres dans notre article sur les étoiles à neutrons.

Constellation du Petit Renard tracée sur la Voie lactée d’été, sous le Cygne
Le Petit Renard au cœur du Triangle d’été. Fond : ESO/S. Brunier.

Offrir une étoile dans la constellation du Petit Renard

Le Petit Renard évoque la curiosité, la malice et l’amitié que l’on apprivoise. Une constellation pour un enfant curieux, un filleul, une amitié précieuse.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince (1943), les mots du renard.

Le Petit Renard se sélectionne à l’étape « Choix de la constellation » de la personnalisation ; notre page comment baptiser une étoile détaille la suite. Le nom offert reste symbolique ; seuls les noms attribués par l’Union astronomique internationale, comme Anser, ont valeur officielle.

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Ou débusquer le Petit Renard parmi les 88 constellations

Questions fréquentes sur la constellation du Petit Renard

Qui a créé la constellation du Petit Renard ?

Johannes Hevelius, avec son épouse Elisabeth. La figure apparaît dans leur atlas daté de 1687, sous le nom de « Petit Renard et l’Oie ».

Où se trouve le Petit Renard dans le ciel ?

Sous le Cygne, au nord de la Flèche. Fin septembre, il passe haut au sud vers 22 h ; un ciel de campagne s’impose.

Qu’est-ce que la nébuleuse de l’Haltère ?

C’est M27, l’enveloppe de gaz rejetée par une étoile en fin de vie. Découverte par Charles Messier en 1764, elle fut la première nébuleuse planétaire observée.

Quel est le premier pulsar découvert ?

PSR B1919+21, dans le Petit Renard, repéré en 1967 par Jocelyn Bell : une étoile à neutrons qui émet une impulsion radio toutes les 1,3 seconde.

Pourquoi une étoile du Petit Renard pour un enfant ?

On y associe la curiosité et l’amitié ; il faut un peu de patience pour le trouver, comme un trésor.

Pour aller plus loin

Deux lectures pour les curieux, puis le Petit Renard et ses voisines parmi toutes les constellations du ciel.

Sources

  • Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms et origines publiés par le WGSN (Anser).
  • Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
  • Nébuleuse M27 et Cintre (Collinder 399) : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
  • Premier pulsar : Hewish, Bell et al., Nature 217, 709 (1968).
  • Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.

Écrit par

La rédaction Etoilez-moi

Nous écrivons sur le ciel, ses légendes et les gestes qui comptent : une naissance, un amour, un souvenir. Nos articles s’appuient sur des sources reconnues (Union astronomique internationale, NASA, ESA, observatoires) et sont relus et mis à jour au fil du temps.

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