Un chant, une étoile, et la famille qui se retrouve

Les étoiles dans les chants de Noël

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Une famille réunie chante à la lueur des bougies près d’un sapin, un livre de chants ouvert entre les mains, un soir d’hiver

Si l’étoile dans les chants de Noël revient si souvent, c’est qu’elle vient d’un seul récit, celui des Mages de l’évangile de Matthieu, et que les chants aiment suivre ce qui guide. Voici quelques airs où elle brille, et ce que l’on sait vraiment de leur histoire.

D’où vient l’étoileÉvangile selon Matthieu, chapitre 2
Chant provençal« La Marche des rois », copie manuscrite de 1742
Cantique américain« We Three Kings », publié en 1863
Tradition vivanteLes chanteurs à l’étoile, de Noël à l’Épiphanie

Pourquoi une étoile dans tant de chants ?

Parce que le récit la porte déjà. Dans l’évangile de Matthieu, des mages disent avoir vu « son étoile » en Orient, puis elle les précède jusqu’à l’enfant. Les autres évangiles n’en parlent pas. Un chant qui la nomme raconte donc d’abord le voyage des Mages, plus que la nuit des bergers.

La Marche des rois, l’étoile de Provence

C’est l’air de l’Épiphanie en Provence. Les paroles sont d’ordinaire attribuées à Joseph-François Domergue, curé d’Aramon, dans le Gard : son nom figure sur une copie manuscrite de 1742, et le texte est imprimé en 1759. On la croit parfois de Nicolas Saboly, mais c’est une erreur répandue.

L’origine de l’air reste discutée. La copie de 1742 le désigne comme la « Marche de Turenne », peut-être une marche militaire du XVIIe siècle ; certains l’attribuent à Lully, sans qu’aucun document le confirme. Georges Bizet l’a rendue célèbre en l’intégrant à L’Arlésienne, en 1872.

1742« La Marche des rois »,
copie manuscrite
1811« Brightest and Best »,
de Reginald Heber
1863« We Three Kings »,
de John Henry Hopkins Jr.

À Aix-en-Provence, une cérémonie qui remonte au début du XIXe siècle la joue à la cathédrale, de plus en plus fort, tandis qu’une étoile est allumée sur l’autel.

Trois cantiques venus d’Angleterre et d’Amérique

« The First Noel » est un cantique anglais d’origine cornouaillaise, sans doute de l’époque moderne, voire plus ancien : sa forme actuelle paraît dans des recueils de 1823 et de 1833, et son origine exacte reste incertaine. Il s’ouvre sur les bergers, puis ses couplets suivent l’étoile qui guide les Mages.

« Brightest and Best » a été écrit pour l’Épiphanie par Reginald Heber, futur évêque anglican, en 1811 au plus tard. Il paraît cette année-là dans une revue, le Christian Observer, et s’adresse directement à l’étoile qui conduit vers l’enfant.

« We Three Kings » est l’œuvre de John Henry Hopkins Jr., pasteur épiscopalien en Pennsylvanie, qui en écrit les paroles et la musique, vers 1857 selon la tradition ; il paraît en 1863 dans un recueil, sous le titre « Three Kings of Orient ». Trois voix y chantent chacune un roi, et le refrain célèbre l’étoile de Bethléem. Les récits divergent sur l’occasion : un spectacle à New York pour les uns, un cadeau pour ses neveux et nièces pour d’autres.

Une étoile chantée n’éclaire personne : elle donne envie de se mettre en route.

Quand les enfants portent l’étoile de maison en maison

Dans de nombreux pays, des enfants déguisés en Mages portent une grande étoile de paille ou de papier et chantent des noëls dans la rue, le plus souvent entre le 27 décembre et l’Épiphanie. On les appelle les chanteurs à l’étoile.

La coutume vient des pièces de théâtre religieuses du Moyen Âge (les mystères). Autrefois, on leur donnait des douceurs ou des vivres ; aujourd’hui, ils récoltent surtout des dons pour des œuvres d’enfants. En 2015, elle a rejoint l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en Allemagne et en Suisse.

Ailleurs, l’étoile de Noël prend d’autres noms et d’autres airs, chaque région gardant les siens.

Pourquoi ces refrains nous touchent-ils encore ?

Parce qu’on les a reçus de quelqu’un. Un chant de Noël se retient souvent à côté d’une grand-mère, d’un parent, d’une chorale d’enfance, et il revient d’un coup quand on l’entend. Après la soirée, quelques vers se lisent à voix basse, ou se glissent dans une carte.

Si vous voulez replacer ces airs dans une histoire plus vaste, voyez comment la culture a chanté les étoiles. Et pour comprendre pourquoi le geste d’offrir une étoile touche autant, un petit texte parle de la symbolique d’une étoile offerte : un cadeau symbolique, qui ne remplace aucun chant mais en prolonge la lumière.

Questions fréquentes sur les chants de Noël et l’étoile

Quel chant de Noël parle de l’étoile des Mages ?

Plusieurs : « La Marche des rois » en Provence, « The First Noel », « Brightest and Best » et « We Three Kings » dans le monde anglophone. Chacun fait place à l’étoile du récit de Matthieu.

Qui sont les chanteurs à l’étoile ?

Des enfants et des adolescents déguisés en Mages, qui portent une grande étoile et chantent des noëls dans la rue, de la fin décembre à l’Épiphanie. La coutume existe surtout dans les pays de culture germanique, anglo-saxonne et slave, et dans quelques régions françaises.

« La Marche des rois » est-elle de Lully ?

Rien ne le prouve. L’air est donné comme « Marche de Turenne » dans une copie de 1742 ; son origine reste débattue, et certains chercheurs pensent à une source bien plus ancienne.

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Sources

Écrit par

La rédaction Etoilez-moi

Nous écrivons sur le ciel, ses légendes et les gestes qui comptent : une naissance, un amour, un souvenir. Nos articles s’appuient sur des sources reconnues (Union astronomique internationale, NASA, ESA, observatoires) et sont relus et mis à jour au fil du temps.

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