Un fleuve de lumière qui coule vers le sud.

Bas sur l’horizonde décembre à janvier

Hauteur à 22 h depuis Paris : elle culmine à 20° au-dessus de l’horizon sud, fin décembre.

La constellation d’Éridan : le fleuve d’étoiles de Phaéton

Table des matières
Les étoiles de la constellation d’Éridan reliées en or près de la Voie lactée, dont Achernar

La constellation d’Éridan est un fleuve d’étoiles qui prend sa source au pied d’Orion et descend, en longs méandres, jusqu’aux abords du pôle Sud céleste. Sixième constellation du ciel par la taille, elle se montre bas sur l’horizon sud lors des soirées de décembre et de janvier, mais la France n’en voit jamais l’embouchure, où brille Achernar. Les Grecs y voyaient le fleuve où tomba Phaéton, le fils du Soleil.

L’essentiel
  • Un fleuve étiré sur 58° du nord au sud.
  • Sa source, Cursa, touche Rigel ; son embouchure reste australe.
  • Les larmes des Héliades y devinrent de l’ambre.
Nom latinEridanus (Eri)
Étoile principaleAchernar, magnitude 0,46
Superficie1 138 degrés carrés, 6e sur 88
Meilleur momentFin décembre vers 22 h, bas au sud
PositionHémisphère sud, à l’ouest d’Orion
SymboliquePassage, continuité, mémoire

Où coule le fleuve Éridan ?

Éridan commence juste à côté de Rigel, le genou d’Orion, puis serpente vers l’ouest et le sud à travers une région pauvre en étoiles brillantes. Il borde neuf constellations : le Taureau, Orion et le Lièvre au nord et à l’est, la Baleine à l’ouest, puis, en descendant, le Fourneau, le Burin, l’Horloge, le Phénix et l’Hydre mâle.

Sa source se nomme Cursa (β Eridani), à quelques degrés de Rigel. De là, une chaîne d’étoiles de troisième et quatrième grandeur file vers l’ouest, revient vers l’est, puis plonge au sud. C’est l’une des rares constellations qui se suivent plus qu’elles ne se regardent : il faut remonter le courant, étoile après étoile.

Du point le plus septentrional au plus méridional, le fleuve s’étire sur 58° de déclinaison, de l’équateur céleste jusqu’à un ciel que seuls les voyageurs de l’hémisphère sud voient en entier.

Tracé sinueux de la constellation d’Éridan, de Cursa jusqu’à Achernar
Les méandres d’Éridan, tels que les dessinent nos fiches constellation.

Quand observer Éridan depuis la France ?

La meilleure période va de novembre à janvier. Vers le 31 décembre, à 22 h, le centre de la constellation culmine plein sud, mais à 20° seulement au-dessus de l’horizon. Environ 86 % de sa surface finit par se lever à Paris ; le reste, autour d’Achernar, ne se lève jamais sous nos latitudes.

À la mi-novembre, à 22 h, le fleuve émerge au sud-est et culmine vers 1 h du matin ; le 1er décembre, ce passage a lieu vers minuit, à la mi-janvier vers 21 h. Cherchez un horizon sud dégagé, loin des lumières des villes : une plage, une colline, un champ. La partie nord, près de Rigel, reste la plus facile ; plus bas, les étoiles se noient vite dans la brume de l’horizon.

Constellation d’Éridan serpentant sous Orion jusqu’à l’étoile Achernar, sur fond de ciel étoilé
Le long cours d’Éridan, de Rigel à Achernar. Fond : ESO/S. Brunier.

Achernar, l’étoile au bout du fleuve

Achernar (α Eridani) est l’étoile la plus brillante d’Éridan, de magnitude 0,46, à 139 années-lumière. Son nom vient de l’arabe ākhir al-nahr, « la fin du fleuve ». Elle ne se lève jamais depuis la France métropolitaine : il faut descendre au sud du 33e parallèle nord, dans le sud du Maroc ou aux Canaries, pour l’apercevoir au ras de l’horizon.

Ce nom n’a pas toujours été le sien. Dans l’Almageste de Ptolémée, le fleuve s’arrêtait à une étoile plus au nord, aujourd’hui Acamar (θ¹ Eridani), dont le nom a la même origine. Quand les navigateurs de la Renaissance cartographièrent le ciel austral, le fleuve fut prolongé vers le sud et « la fin du fleuve » passa à Achernar. Depuis Paris, Acamar elle-même ne monte qu’à moins d’un degré au-dessus de l’horizon : la frontière entre les deux ciels passe presque sous nos yeux.

6eplus grande
constellation du ciel
58°de déclinaison
du nord au sud
29,5années-lumière
jusqu’à Rana

Cursa, Zaurak, Rana : les étoiles du courant

Cursa, de magnitude 2,79, tire son nom d’un astérisme arabe, « le tabouret » placé devant les pieds d’Orion. Zaurak (γ Eridani), géante rouge de magnitude 2,95, porte un nom arabe signifiant « la barque ». Toute proche, à 29,5 années-lumière, Rana (δ Eridani), « la grenouille » en latin, a été nommée par l’UAI en 2022.

Le fleuve abrite aussi deux voisines célèbres du Soleil. Epsilon Eridani, étoile un peu plus petite que la nôtre, fut l’une des deux cibles du projet Ozma, première écoute radio d’éventuels signaux extraterrestres, en 1960 ; on lui connaît aujourd’hui une planète géante. Et 40 Eridani cache, dans un système triple, l’une des premières naines blanches jamais identifiées.

La légende de Phaéton et des larmes d’ambre

Éridan est l’une des 48 constellations de Ptolémée. Son mythe le plus célèbre est raconté par Ovide au livre II des Métamorphoses. Phaéton, fils du Soleil, obtient de son père la permission de conduire un jour son char de feu. Mais les chevaux s’emballent, le char quitte sa route, embrase la terre et dessèche les fleuves. Pour sauver le monde, Zeus foudroie le jeune homme, qui tombe, en flammes, dans l’Éridan.

Ses sœurs, les Héliades, viennent pleurer sur la rive pendant des mois, jusqu’à se changer en peupliers. Leurs larmes, durcies par le soleil, deviennent des gouttes d’ambre que le fleuve emporte. Son ami Cycnos, inconsolable lui aussi, se mue en cygne, l’oiseau que certains retrouvent dans la constellation du Cygne.

Au bord du fleuve céleste, le chagrin s’est fait ambre, et la mémoire, lumière.

Les Anciens ont donné à ce fleuve plusieurs visages terrestres. On l’identifiait le plus souvent au Pô, en Italie ; Ératosthène rapporte que d’autres y voyaient le Nil.

✦ Univers SouvenirUn hommage qui ne s’éteint jamais✦Un geste d’une infinie douceur pour honorer un être cher et garder sa lumière près de soi.Entrer dans l’univers Souvenir

Des galaxies au fil de l’eau

Loin du plan de la Voie lactée, Éridan ouvre une fenêtre sur l’univers lointain. La galaxie NGC 1291, cataloguée aussi sous le numéro NGC 1269, atteint la magnitude 8,7, mais elle reste au ras de l’horizon vue de France. NGC 1300, spirale barrée parfaite, a été immortalisée par le télescope spatial Hubble. Et près de Rigel, la pâle nébuleuse de la Tête de Sorcière, éclairée par la supergéante d’Orion, ne se révèle qu’en photographie.

Offrir une étoile dans la constellation d’Éridan

On associe à Éridan l’idée de passage et de continuité, celle d’un courant qui relie la source à la mer. Sa légende en fait aussi une constellation du souvenir : une étoile au bord du fleuve où les Héliades pleurèrent leur frère est un hommage pudique à un être disparu. Elle évoque encore le départ, et convient à ceux qui s’installent loin ou partent vers l’hémisphère sud, là où le fleuve se voit en entier.

Dans la personnalisation, l’étape « Choix de la constellation » permet de retenir Éridan : son nom apparaît sur le certificat et la carte du ciel. Le nom que vous donnez à l’étoile est un geste symbolique, qui ne se substitue pas aux noms officiels, attribués par l’UAI. Pour le déroulé complet, consultez notre page sur le baptême d’une étoile.

Votre étoile dans Éridan

Une étoile au fil du fleuve céleste, pour honorer une mémoire ou accompagner un long voyage.

Choisir mon coffret

Ou retrouver Éridan parmi les 88 constellations

Questions fréquentes sur la constellation d’Éridan

Où commence et où finit la constellation d’Éridan ?

Elle commence près de Rigel, dans Orion, avec l’étoile Cursa, et se termine dans le ciel austral, à Achernar. Entre les deux, le fleuve parcourt 58° de déclinaison, de l’équateur céleste aux abords du pôle Sud.

Peut-on voir Achernar depuis la France ?

Non, jamais depuis la métropole. Avec une déclinaison d’environ −57°, Achernar ne se lève qu’au sud du 33e parallèle nord. On la voit facilement depuis l’hémisphère sud, et depuis les territoires d’outre-mer de l’océan Indien ou du Pacifique.

Éridan est-elle la plus grande constellation ?

Non, elle est la sixième, avec 1 138 degrés carrés. La plus grande est l’Hydre. Éridan détient en revanche l’un des tracés les plus étirés du ciel.

Quel fleuve représente Éridan ?

Un fleuve mythique, que les Anciens identifiaient le plus souvent au Pô, et parfois au Nil. C’est là que serait tombé Phaéton, foudroyé par Zeus après avoir perdu le contrôle du char du Soleil.

Quand observer Éridan ?

De novembre à janvier, en soirée, face au sud. Vers le 31 décembre à 22 h, le centre de la constellation culmine à environ 20° de hauteur : seule sa moitié nord se laisse bien voir depuis la France.

Peut-on choisir Éridan pour un hommage ?

Oui. À l’étape « Choix de la constellation », sélectionnez Éridan : son nom figurera sur le certificat. Sa légende, celle des sœurs qui pleurent leur frère, en fait une constellation du souvenir.

Pour aller plus loin

Le ciel austral et les grands récits grecs prolongent ce voyage au fil de l’eau, avant de retrouver Éridan parmi les constellations reconnues par l’UAI.

Sources

  • Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms d’étoiles approuvés par le WGSN (Achernar, Cursa, Acamar, Zaurak, Rana).
  • Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
  • Galaxie NGC 1291 (NGC 1269) : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
  • Récits antiques : Ovide, Métamorphoses, livre II ; Ératosthène, Catastérismes ; Ptolémée, Almageste.
  • Heures de passage au méridien et hauteurs calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.

Écrit par

La Rédaction ✧ ÉTOILEZ MOI ✧

Nous écrivons sur le ciel, ses légendes et les gestes qui comptent : une naissance, un amour, un souvenir. Nos articles s’appuient sur des sources reconnues (Union astronomique internationale, NASA, ESA, observatoires) et sont relus et mis à jour au fil du temps.

Tous nos articles

Vous aimerez aussi

HAUT
PANIER 0