Certaines étoiles disparaissent, puis reviennent : la plus célèbre d’entre elles, Mira, appartient à la constellation de la Baleine, immense figure qui nage sous les Poissons lors des soirées d’automne. Quatrième constellation du ciel par la taille, elle se montre depuis la France d’octobre à janvier, plutôt bas au sud. Les Grecs y voyaient le monstre marin envoyé contre Andromède ; les astronomes y trouvent une étoile merveilleuse et l’une des plus proches cousines du Soleil.
- MiraVisible à l’œil nu quelques mois, puis invisible, sur un cycle d’environ onze mois.
- NovembreFin novembre vers 22 h, la constellation passe au sud.
- Le monstreLa créature marine que Persée terrassa pour sauver Andromède.
Mira, l’étoile merveilleuse
Dans le cou du monstre brille, ou ne brille pas, Mira (ο Ceti). Cette géante rouge gonfle et se contracte sur un cycle d’environ onze mois : à son maximum, elle devient visible à l’œil nu, parfois aussi brillante que les étoiles de deuxième grandeur ; puis elle s’affaiblit jusqu’à disparaître pour les yeux, n’étant plus visible qu’au télescope.
En août 1596, le pasteur et astronome frison David Fabricius la remarqua, puis la vit s’effacer. Il fallut plusieurs décennies pour comprendre que ses retours suivaient un rythme régulier. En 1662, Johannes Hevelius lui donna le nom de Mira, « la merveilleuse » : c’était la première étoile connue dont l’éclat variait de façon périodique, en dehors des étoiles « nouvelles ». Elle a donné son nom à toute une famille de variables, les miras. Leur histoire se poursuit dans notre dossier sur les étoiles variables.
En 2007, un satellite a révélé derrière Mira une traîne de gaz longue de treize années-lumière, comme une comète géante.
Où se trouve la constellation de la Baleine ?
La Baleine s’étend de part et d’autre de l’équateur céleste, surtout dans l’hémisphère sud, dans la région que l’on surnomme la « mer céleste ». Elle touche sept constellations : les Poissons, qui la bordent au nord sur une longue frontière, le Bélier et le Taureau au nord-est, l’Éridan et le Fourneau au sud-est, le Sculpteur et le Verseau à l’ouest.
La tête du monstre, un petit cercle d’étoiles autour de Menkar, se trouve sous le Bélier. Le corps s’étire ensuite vers le sud-ouest, en un grand pentagone irrégulier, jusqu’à Diphda, la queue, l’étoile la plus brillante de la constellation.
Diphda se repère facilement : elle brille seule, dans une région pauvre en étoiles, en prolongeant vers le sud le côté est du Carré de Pégase. Le reste de la figure, peu lumineux, réclame un ciel de campagne et un horizon sud dégagé.

Quand voir la Baleine depuis la France ?
D’octobre à janvier, en soirée. Vers le 28 novembre, à 22 h, le monstre passe au méridien, à 32° au-dessus de l’horizon sud, dans une nuit noire. En octobre, la Baleine se lève au sud-est en début de nuit ; en janvier, elle glisse vers le sud-ouest. Toute la constellation se lève depuis Paris, mais ses étoiles les plus australes ne dépassent jamais une quinzaine de degrés de hauteur.
Pour Mira, consultez les prévisions de maximum publiées par les associations d’astronomie amateur : l’étoile n’est spectaculaire que quelques semaines par cycle. Notre méthode pour observer votre étoile vous aide à préparer la soirée.

Le monstre marin de Persée
La Baleine appartient aux 48 constellations de Ptolémée, mais son nom français trompe : les Grecs l’appelaient Kêtos, le « monstre marin ». Les atlas anciens la dessinent d’ailleurs avec une gueule de dragon, des pattes avant et une queue enroulée, bien loin d’un cétacé.
C’est la créature que Poséidon envoya ravager les côtes d’Éthiopie, pour punir la reine Cassiopée d’avoir défié les Néréides. Pour l’apaiser, il fallut offrir la princesse Andromède, enchaînée à un rocher. Persée surgit au dernier instant, frappa le monstre de son épée, ou le changea en pierre en brandissant la tête de Méduse, selon les versions. Le monstre a rejoint au ciel toute la famille de la légende : Cassiopée, Céphée, Andromède et son sauveur.
Diphda, Menkar et Tau Ceti
Diphda (β Ceti), magnitude 2,04, est une géante orangée à 96 années-lumière. Son nom arabe signifie « la seconde grenouille », la première étant Fomalhaut, plus au sud. Menkar (α), magnitude 2,53, est une géante rouge à 249 années-lumière ; son nom, « les narines », désignait à l’origine une autre étoile du museau. Quant à Kaffaljidhma (γ, 3,47), « la main coupée », elle rappelle une gigantesque figure arabe dont les deux mains d’étoiles partaient des Pléiades : l’autre main, celle aux doigts teints de henné, se trouve dans Cassiopée.
4e rang sur 88
jusqu’à Tau Ceti
à l’œil nu
Tau Ceti (τ, 3,50) n’est qu’à 11,9 années-lumière : c’est l’une des étoiles les plus proches qui ressemblent au Soleil, un peu plus petite et plus froide. En 1960, l’astronome américain Frank Drake braqua sur elle le radiotélescope de Green Bank, dans l’espoir de capter un signal artificiel : ce fut la première écoute scientifique d’une éventuelle civilisation extraterrestre. Le silence, depuis, n’a pas découragé les chercheurs.
Des galaxies sous la mer
Loin de la Voie lactée, la Baleine ouvre une fenêtre sur l’Univers profond. M77, de magnitude 9,3, est le prototype des galaxies à noyau actif décrites par Carl Seyfert : un cœur d’une brillance anormale, alimenté par un trou noir géant.
Offrir une étoile dans la constellation de la Baleine
La Baleine évoque la profondeur et le mystère des océans, mais aussi la renaissance, à l’image de Mira qui s’efface puis revient. On y associe volontiers les amoureux de la mer, les plongeurs, les navigateurs, et tous ceux qui ont su se relever après une période difficile.
C’est un cadeau original pour un anniversaire de novembre, une retraite au bord de l’océan ou une guérison. Au fil de la personnalisation, une étape est consacrée au « Choix de la constellation » : c’est là que vous retiendrez la Baleine ; notre page comment baptiser une étoile en décrit la suite. Le nom que vous offrez est symbolique : il n’a pas cours dans les catalogues, où les noms officiels, comme Diphda ou Menkar, sont fixés par l’Union astronomique internationale.
✦ Univers PartageL’art de faire briller un regard✦Une attention d’exception pour celles et ceux qui comptent, livrée dans un écrin pensé comme un bijou.Entrer dans l’univers PartageUne étoile de la mer céleste pour celles et ceux qui renaissent toujours, prête à voyager dans un bel écrin.
Questions fréquentes sur la constellation de la Baleine
Où trouver la constellation de la Baleine ?
Sous les Poissons et le Bélier, bas au sud lors des soirées d’automne. Prolongez vers le sud le côté est du Carré de Pégase : vous tombez sur Diphda, la queue du monstre ; la tête, autour de Menkar, se trouve sous le Bélier.
Qu’est-ce que l’étoile Mira ?
Une géante rouge qui gonfle et se contracte en environ onze mois. Repérée en 1596 par David Fabricius et baptisée « la merveilleuse » par Hevelius en 1662, elle fut la première étoile variable périodique connue.
Peut-on voir Mira à l’œil nu ?
Oui, mais seulement quelques semaines autour de son maximum, quand elle atteint la deuxième ou la troisième grandeur. Le reste du temps, elle n’est visible qu’au télescope. Les associations d’astronomie amateur publient ses dates de maximum.
Pourquoi parle-t-on de « Baleine » pour un monstre ?
Les Grecs la nommaient Kêtos, le monstre marin, et les atlas anciens la dessinent avec des pattes et une gueule de dragon. Le latin Cetus, d’où vient « cétacé », a conduit à la traduction française de Baleine.
Tau Ceti ressemble-t-elle au Soleil ?
Assez, oui : c’est une étoile jaune, un peu plus petite et plus froide que le Soleil, à seulement 11,9 années-lumière. Elle fut en 1960 la première cible d’une écoute radio à la recherche de signaux extraterrestres.
Quelle symbolique pour une étoile de la Baleine ?
On y associe la profondeur, le mystère de la mer et la renaissance, à l’image de Mira qui disparaît puis revient. Elle se prête aux amoureux de l’océan et aux nouveaux départs, à choisir à l’étape « Choix de la constellation ».
Pour aller plus loin
Deux lectures pour plonger plus loin, puis la Baleine et toute la mer céleste parmi notre carte des 88 constellations.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms et étymologies publiés par le WGSN.
- Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
- Galaxie M77 : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Traîne de Mira : Martin et al., Nature 448, 780 (2007).
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.







