La constellation du Lièvre est une petite figure blottie sous les pieds d’Orion, visible depuis la France dans les soirées d’hiver, basse sur l’horizon sud. Les Anciens y voyaient le gibier du Chasseur, poursuivi sans fin par ses chiens. Discrète au premier regard, elle cache pourtant une supergéante dont la lumière voyage depuis plus de deux mille ans, un amas globulaire que l’on n’attend pas en hiver et une étoile d’un rouge si profond qu’on la dit cramoisie.
- Sous RigelUn quadrilatère d’étoiles moyennes juste au sud du genou d’Orion.
- En janvierVers 22 h, il passe plein sud à une vingtaine de degrés de hauteur.
- Aux jumellesL’amas M79 et l’étoile cramoisie de Hind.
Où se cache la constellation du Lièvre ?
Le Lièvre se trouve juste au sud d’Orion, sous Rigel et Saiph, les deux étoiles qui marquent les genoux du Chasseur. Il touche six constellations : Orion au nord, la Licorne au nord-est, le Grand Chien à l’est, la Colombe au sud, le Burin et Éridan à l’ouest.

Son corps est un petit quadrilatère formé par Arneb, Nihal et deux étoiles plus faibles, γ et δ Leporis. Au nord, quelques étoiles de quatrième grandeur s’étirent vers Rigel : ce sont les longues oreilles de l’animal, dressées comme s’il guettait le Chasseur au-dessus de lui.
La position du Lièvre a tout d’une scène de chasse : Orion se dresse au-dessus de lui, et Sirius, l’œil du Grand Chien, brille juste à l’est, prêt à bondir.

Quand observer le Lièvre depuis la France ?
Le Lièvre est une constellation des soirées de décembre à mars. Vers le 27 janvier, à 22 h, il culmine plein sud, à environ 22° au-dessus de l’horizon : il reste toujours bas, mais toute sa surface se lève depuis la France.
À la mi-décembre, il passe au méridien vers 0 h 50 ; à la mi-janvier vers 22 h 45, puis vers 20 h 45 à la mi-février. Le plus simple est de repérer Orion, puis de descendre sous Rigel. Un horizon sud dégagé fait toute la différence : la moindre brume ou la lueur d’une ville voisine efface ses étoiles les plus faibles. Si vous débutez, l’application Stellarium, pas à pas dans notre guide, vous montrera où le chercher.
Arneb et Nihal, l’éclat lointain du Lièvre
Arneb (α Leporis), de magnitude 2,58, est une supergéante jaune-blanc de type F0, située à environ 2 200 années-lumière. Son nom vient de l’arabe al-arnab, « le lièvre », qui désignait toute la constellation. Si elle paraît modeste, c’est seulement l’effet de la distance : la lumière qui nous en parvient ce soir est partie à peu près à l’époque de la Grèce hellénistique.
Nihal (β Leporis), de magnitude 2,84, est beaucoup plus proche, à 160 années-lumière. Son nom vient d’un astérisme arabe antérieur à l’islam qui réunissait les quatre étoiles du corps : « les chameaux qui commencent à étancher leur soif ». Les nomades y voyaient un troupeau venu boire, là où les Grecs voyaient un animal traqué.
jusqu’à Arneb
par l’UAI en 2026
à l’œil nu
Trois noms venus de Chine, de Bali et de Sumer
En mars 2026, l’Union astronomique internationale a officiellement nommé trois autres étoiles du Lièvre, en puisant dans des cultures très éloignées. Epsilon Leporis est devenue Ping, d’un astérisme chinois, le Paravent, dressé dans le ciel devant… les latrines célestes de l’astronomie chinoise. Mu Leporis s’appelle désormais Bade, du nom balinais d’une tour funéraire. Zeta Leporis, enfin, est Darlugal, le coq en sumérien. Ces noms officiels, encore peu connus, rappellent que chaque peuple a lu le ciel à sa façon.
M79 et l’étoile cramoisie de Hind
Le Lièvre abrite M79, un amas globulaire de magnitude 7,7, découvert par Pierre Méchain en 1780. C’est une rareté : la plupart des amas globulaires se massent du côté du centre de la Galaxie, visible en été, alors que M79 se trouve dans la direction opposée. Aux jumelles, il apparaît comme une petite boule floue ; un télescope commence à le résoudre en étoiles.
Une goutte de rouge sur le noir du ciel : l’étoile cramoisie de Hind.
Plus à l’ouest se trouve R Leporis, découverte en 1845 par l’astronome anglais John Russell Hind. C’est une étoile carbonée, une vieille géante dont l’atmosphère chargée de carbone filtre le bleu : aux jumelles, sa teinte est l’une des plus rouges du ciel. Son éclat varie lentement, au fil de longs cycles, comme celui des étoiles décrites dans notre dossier sur les étoiles variables à longue période. Au nord de la constellation, la nébuleuse planétaire IC 418, de magnitude 9,4, est surnommée le Spirographe, pour les motifs qu’en a révélés le télescope Hubble.
La légende du Lièvre, gibier éternel d’Orion
Le Lièvre compte parmi les 48 constellations de Ptolémée. Aratos, au IIIe siècle avant notre ère, le décrit poursuivi chaque nuit par le Chien : les deux constellations se lèvent et se couchent l’une derrière l’autre, si bien que la chasse ne finit jamais. Le Chasseur, au-dessus, semble présider à la scène.
Hygin rapporte une autre histoire, à la manière d’une fable. Autrefois, il n’y avait pas de lièvres sur l’île de Léros. Un jeune homme y rapporta une femelle pleine ; les habitants, ravis, se mirent tous à en élever. Bientôt, les lièvres furent si nombreux qu’ils dévorèrent les récoltes, et la famine menaça. Les insulaires durent les chasser de l’île, et l’animal fut placé parmi les étoiles pour rappeler qu’un plaisir trop convoité finit souvent en regret.
Vif, fécond, toujours aux aguets, le lièvre est aussi un animal familier des contes. En Alsace et dans les pays germaniques, c’est même lui, le lièvre de Pâques, qui apporte les œufs aux enfants.
✦ Univers EnfanceUne étoile pour chaque premier pas✦Naissance, baptême, anniversaire : une étoile qui grandira avec lui, et un certificat qu’il gardera comme un trésor.Entrer dans l’univers EnfanceOffrir une étoile dans la constellation du Lièvre
On associe au Lièvre la vivacité, la malice et la vigilance, celle d’un animal qui dresse les oreilles au moindre bruit. Cette petite constellation tendre se prête à merveille aux cadeaux de naissance, à l’anniversaire d’un enfant ou à celui d’un éternel curieux. Elle a aussi sa saison : celle des longues soirées d’hiver, quand on peut la montrer sous Orion à celui qui la reçoit.
À l’étape « Choix de la constellation » de la personnalisation, sélectionnez le Lièvre : il figurera sur le certificat et la carte du ciel, avec les coordonnées de l’étoile. Le nom que vous donnez est un cadeau symbolique ; contrairement aux noms Ping, Bade ou Darlugal, il n’est pas attribué par l’UAI. Le déroulé est expliqué sur notre page pour baptiser une étoile.
Une étoile tapie sous Orion, pour un enfant qui grandit ou un cœur resté joueur.
Questions fréquentes sur la constellation du Lièvre
Où trouver le Lièvre dans le ciel ?
Juste sous Orion. Repérez Rigel et Saiph, les deux étoiles du bas du Chasseur, puis descendez de quelques degrés : le petit quadrilatère d’Arneb et de Nihal forme le corps du Lièvre.
Le Lièvre est-il visible depuis la France ?
Oui, en entier, mais toujours assez bas. Il culmine à environ 22° au-dessus de l’horizon sud vers 22 h à la fin janvier, et reste observable en soirée de décembre à mars.
Pourquoi le Lièvre est-il sous les pieds d’Orion ?
Parce que les Grecs y voyaient le gibier du Chasseur. Aratos le décrit poursuivi sans fin par le Chien, Sirius, qui se lève et se couche juste derrière lui.
Qu’est-ce que l’étoile cramoisie de Hind ?
C’est R Leporis, une étoile carbonée découverte en 1845 par John Russell Hind. Son atmosphère riche en carbone lui donne une teinte d’un rouge intense, bien visible aux jumelles ; son éclat varie au fil de longs cycles.
Peut-on voir l’amas M79 aux jumelles ?
Oui, par une nuit sans Lune et avec un horizon sud dégagé. De magnitude 7,7, il apparaît comme une petite tache ronde ; il faut un télescope pour distinguer ses étoiles.
Peut-on offrir une étoile du Lièvre à un enfant ?
Bien sûr : choisissez le Lièvre à l’étape « Choix de la constellation ». Son nom figurera sur le certificat, et vous pourrez lui montrer la constellation chaque hiver, sous Orion.
Pour aller plus loin
Des vieilles étoiles rouges aux constellations nées dans l’Antiquité, deux lectures pour prolonger la soirée, puis le Lièvre parmi l’ensemble des constellations.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms d’étoiles approuvés par le WGSN (Arneb, Nihal ; Ping, Bade et Darlugal, adoptés le 22 mars 2026).
- Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
- Amas globulaire M79 : Harris (1996, édition 2010) ; nébuleuse IC 418 : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Récits antiques : Aratos, Phénomènes ; Hygin, De astronomia, livre II.
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.







