Sept étoiles en forme de casserole : c’est souvent la première figure du ciel que l’on apprend à reconnaître, et elle appartient à la constellation de la Grande Ourse, la troisième du ciel par la taille. Depuis la France, elle ne disparaît presque jamais : haute au-dessus de nos têtes les soirs de printemps, elle frôle l’horizon nord à l’automne. Boussole des voyageurs, mère changée en ourse dans la mythologie grecque, elle cache aussi un couple d’étoiles qui sert de test à nos yeux depuis des siècles.
- La Grande Casserole n’est qu’une partie de la constellation.
- Presque au zénith début mai vers 22 h.
- Ses deux étoiles de bord mènent à la Polaire.
Où se trouve la constellation de la Grande Ourse ?
La Grande Ourse occupe une vaste région du ciel boréal, entre l’étoile Polaire et le Lion. Avec 1 280 degrés carrés, seules l’Hydre et la Vierge la dépassent. Elle touche huit constellations : le Dragon, avec lequel elle partage sa plus longue frontière, la Girafe, le Lynx, le Petit Lion, le Lion, la Chevelure de Bérénice, les Chiens de chasse et le Bouvier.
La célèbre Grande Casserole, ou Grand Chariot, n’en forme que le dos et la queue. Quatre étoiles dessinent la casserole, Dubhe, Merak, Phecda et Megrez, la plus faible ; trois autres, Alioth, Mizar et Alkaid, en tracent le manche.
Le reste de l’ourse, la tête, le cou et les pattes, se compose d’étoiles plus discrètes qui s’étendent vers le Lynx et le Lion. Sous un ciel de campagne, on devine l’animal tout entier, pattes tendues, en pleine marche autour du pôle.

La Grande Casserole, boussole du ciel
Les deux étoiles qui ferment la casserole du côté opposé au manche, Merak et Dubhe, sont appelées les « gardes » ou « pointeurs ». Prolongez la ligne qui les relie d’environ cinq fois leur écart : vous arrivez sur l’étoile Polaire, au bout de la queue de la Petite Ourse, qui indique le nord à moins d’un degré près.
Le manche, lui, montre d’autres chemins. Suivez sa courbe et prolongez l’arc : il conduit à Arcturus, l’étoile orangée du Bouvier, puis à Spica, dans la Vierge. Les marins et les voyageurs ont appris ces alignements bien avant les cartes et les boussoles. Nous racontons cette histoire dans notre article constellations et navigation.
Il suffit de sept étoiles pour ne jamais perdre le nord.
Quand observer la Grande Ourse depuis la France ?
Toute l’année, puisque 85 % de la constellation est circumpolaire depuis Paris. Mais elle change de place au fil des saisons. Au printemps, elle domine le ciel : vers le 5 mai, à 22 h, son centre passe à 85° de hauteur, presque au zénith. En été, la Casserole descend vers le nord-ouest, le manche relevé ; en automne, elle rase l’horizon nord, à moins de 15° de hauteur en début de soirée ; en hiver, elle remonte au nord-est, debout sur son manche.
Ses étoiles principales, de deuxième grandeur, se voient même en ville. Pour le reste de l’animal, partez à la campagne par une nuit sans Lune. L’application Stellarium, présentée dans notre guide, vous montre l’ourse entière au-dessus de chez vous.

Callisto, la mère changée en ourse
La Grande Ourse compte parmi les 48 constellations de Ptolémée, et sa légende est l’une des plus touchantes du ciel grec. Ovide la raconte dans les Métamorphoses. La nymphe Callisto, compagne de chasse d’Artémis, fut séduite par Zeus et donna naissance à un fils, Arcas. Héra, jalouse, la transforma en ourse. Des années plus tard, Arcas, devenu chasseur, croisa dans la forêt cette ourse qui le fixait sans fuir ; il levait son arme lorsque Zeus l’arrêta et plaça la mère et le fils côte à côte dans le ciel.
Furieuse, Héra obtint des divinités de l’Océan qu’elles interdisent aux deux ourses de se baigner dans leurs eaux. C’est pourquoi, disaient les Anciens, la Grande Ourse ne se couche jamais sous l’horizon. Les versions varient : Artémis ou Zeus lui-même opèrent parfois la métamorphose, et Arcas devient selon les auteurs la Petite Ourse ou le Bouvier.
Mizar et Alcor, le test des yeux
Au milieu du manche, regardez attentivement Mizar (ζ Ursae Majoris), magnitude 2,23 : une petite étoile, Alcor, brille juste à côté. Les séparer à l’œil nu est un test de vue connu depuis l’Antiquité. Au XVIIe siècle, Mizar fut parmi les premières étoiles qu’une lunette révéla double ; en 1857, elle devint la première étoile double photographiée ; et en 1889, l’une de ses composantes se révéla elle-même double grâce à l’analyse de sa lumière, une première. Pour comprendre ces couples, lisez notre article sur les étoiles binaires.
3e rang sur 88
circumpolaire à Paris
à l’œil nu
Une famille d’étoiles en voyage
Alioth (ε), magnitude 1,77 et à 83 années-lumière, est la plus brillante de la constellation, juste devant Dubhe (α, 1,79), une géante orangée à 123 années-lumière dont le nom signifie « l’ourse » en arabe, et Alkaid (η, 1,86), « le chef ». Mais cinq des sept étoiles de la Casserole, de Merak à Mizar, voyagent ensemble dans l’espace, comme une famille. Dubhe et Alkaid, elles, suivent leur propre route : dans quelques dizaines de milliers d’années, la Casserole aura perdu sa forme familière.
Des galaxies au-dessus de la Casserole
Loin de la Voie lactée, la Grande Ourse ouvre une fenêtre sur l’Univers. Dans le prolongement de la diagonale de la casserole, au-delà de Dubhe, deux galaxies voisines tiennent dans le même champ de jumelles : M81, la galaxie de Bode (magnitude 6,9), une belle spirale, et M82, la galaxie du Cigare (8,3), où naissent des étoiles à un rythme effréné. Au-dessus du manche, la galaxie du Moulinet, M101 (7,9), a accueilli en mai 2023 une supernova repérée par l’amateur japonais Koichi Itagaki. Pour aller plus loin, voyez notre article sur les galaxies lointaines.
Ourse, chariot, sept sages : mille noms
Peu de figures ont reçu autant de noms. Pour les Grecs, c’était l’Ourse, Arktos, qui a donné notre mot « arctique » ; pour les Romains, les septem triones, les sept bœufs de labour tournant autour du pôle, d’où vient « septentrional ». Les Arabes y voyaient une civière et ses « filles », que la tradition décrit comme des pleureuses, les Chinois un boisseau, les Indiens les sept sages. En France, on parle du Grand Chariot ou de la Casserole.
Offrir une étoile dans la constellation de la Grande Ourse
La Grande Ourse évoque le repère, la protection et la constance : la figure que l’on retrouve toute sa vie, d’un jardin d’enfance à un voyage lointain. Sa légende de mère veillant sur son fils lui donne aussi une douceur particulière : on l’associe volontiers à une fête des mères, à une naissance, à des grands-parents ou à un ami qui a toujours été là.
C’est aussi le choix évident pour un premier cadeau d’étoile, puisque tout le monde sait retrouver la Casserole. La Grande Ourse vous attend à l’étape « Choix de la constellation » de la personnalisation ; notre page comment baptiser une étoile détaille la suite. Le nom que vous offrez est un présent symbolique, porteur de votre histoire ; les noms officiels des étoiles, comme Dubhe ou Mizar, sont attribués par l’Union astronomique internationale.
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Questions fréquentes sur la constellation de la Grande Ourse
Quelle différence entre la Grande Ourse et la Grande Casserole ?
La Grande Casserole, ou Grand Chariot, est un astérisme de sept étoiles qui ne forme qu’une partie de la constellation de la Grande Ourse : le dos et la queue de l’animal. La constellation entière couvre une région bien plus vaste.
Comment trouver l’étoile Polaire grâce à la Grande Ourse ?
Prolongez d’environ cinq fois leur écart la ligne qui relie Merak et Dubhe, les deux étoiles du bord de la casserole opposé au manche. Vous arrivez sur la Polaire, qui indique le nord.
La Grande Ourse est-elle visible toute l’année en France ?
Oui. 85 % de la constellation est circumpolaire depuis Paris, et la Casserole ne se couche jamais. Elle est haute au printemps, presque au zénith début mai vers 22 h, et basse au nord en automne.
Quelle est l’étoile la plus brillante de la Grande Ourse ?
Alioth (ε Ursae Majoris), de magnitude 1,77, à 83 années-lumière, dans le manche de la Casserole. Dubhe (1,79) et Alkaid (1,86) la suivent de très près.
Qu’est-ce que le test de Mizar et Alcor ?
Mizar, au milieu du manche, a une petite voisine, Alcor. Les distinguer à l’œil nu est un test de vue traditionnel. Un petit télescope montre en outre que Mizar est elle-même une étoile double.
La forme de la Grande Casserole va-t-elle changer ?
Oui, très lentement. Cinq de ses sept étoiles voyagent ensemble, mais Dubhe et Alkaid suivent d’autres trajectoires. Dans quelques dizaines de milliers d’années, la Casserole sera déformée.
Quelle est la légende de la Grande Ourse ?
La nymphe Callisto, aimée de Zeus, fut changée en ourse par Héra. Son fils Arcas faillit la tuer à la chasse ; Zeus les plaça tous deux dans le ciel. Héra obtint qu’ils ne se baignent jamais dans l’Océan : ils ne se couchent pas.
Pourquoi offrir une étoile de la Grande Ourse ?
Parce qu’elle est la plus familière des constellations, facile à retrouver toute l’année. On y associe le repère et la protection maternelle : un choix parlant pour une mère, une naissance ou un premier cadeau d’étoile.
Pour aller plus loin
Deux lectures pour s’orienter et observer, puis la Grande Ourse et ses huit voisines parmi les 88 constellations.
Sources
- Union astronomique internationale : liste officielle des 88 constellations et de leurs limites ; noms et étymologies publiés par le WGSN.
- Magnitudes, distances et types spectraux : catalogue HYG v4.4 (D. Nash, CC BY-SA 4.0), d’après Hipparcos (van Leeuwen, 2007).
- Galaxies M81, M82 et M101 : catalogue OpenNGC (M. Verga et contributeurs, CC BY-SA 4.0).
- Récit antique : Ovide, Métamorphoses, livre II.
- Heures de passage au méridien calculées pour Paris (heure légale), vérifiables dans Stellarium.






